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Dans la peau des autres

Les neurones miroirs.
01/05/2015
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Ton camarade de classe baille à s’en décrocher la mâchoire et presque automatiquement toi aussi tu as des difficultés à retenir un bâillement ! Tu vois ton ami se cogner contre un meuble et une grimace de douleur se forme sur ton visage comme si tu la ressentais. Ces réactions, tout à fait normales, sont dues à un type particulier de neurones : les neurones miroirs.

Notre système nerveux contient plus de 86 millions de neurones. Ces cellules permettent de faire circuler les informations au sein de notre organisme grâce à des influx nerveux. En 1992, le neurophysiologiste italien, Giacomo Rizzolatti étudie les neurones moteurs (ceux qui contrôlent les mouvements du corps) chez des singes Macaques Rhésus. L’expérience consiste à capter l’influx nerveux d’un neurone spécifique d’un singe grâce à des capteurs branchés dans son cerveau lorsque celui-ci attrape une cacahuète pour la manger. Jusque là, l’expérience confirme ce que l’on savait déjà : lors du mouvement, les neurones moteurs s’activent.

Un jour, alors qu’un chercheur prend une cacahuète devant le singe immobile qui le regarde qu’elle ne fut pas sa surprise de constater que les mêmes neurones s’activaient chez l’animal ! Les chercheurs refirent l’expérience cette fois-ci avec deux singes. Résultats : les neurones s’activent autant quand le singe exécute l’action que lorsqu’il regarde son congénère faire la même action. Comme s’il s’observait dans un miroir, d’où le nom de neurones miroirs. Ces neurones répondent seulement si l’action est effectuée dans le même but, autrement ils restent silencieux.

Suite à cette découverte, la communauté scientifique s’est interrogée sur la présence de tels neurones chez l’être humain. Question à laquelle il est difficile de répondre, car ces expériences posent des problèmes éthiques. Bien que les preuves directes soient inexistantes, les techniques d’imagerie cérébrale ont bien mis en évidence plusieurs régions « miroirs » dans le cerveau humain.

Ces neurones miroirs jouent un rôle dans l’empathie (la compréhension des émotions des autres) et l’apprentissage. Par exemple, une expérience consistant à montrer des images d’expression de joie ou de colère à une personne montre une forte activité dans les régions cérébrales émotionnelles de celle-ci, comme si elle ressentait les émotions. Dès le plus jeune âge les neurones miroirs sont sollicités notamment dans l’apprentissage de la langue. Les bébés, pour apprendre à prononcer leurs premiers mots, observent leur entourage et copient les mouvements des lèvres et de la langue pour les prononcer.

Qu’arrive-t-il si nos neurones miroirs sont déficients ? Les scientifiques pensaient tout d’abord que certains symptômes de l’autisme ou de la schizophrénie pouvaient être dus à un dysfonctionnement de ces neurones. Mais plusieurs études ont réfuté ces hypothèses. Les découvertes dans ce domaine sont encore trop récentes pour tirer des conclusions.

La prochaine fois que tu soutiendras ton équipe favorite de hockey ou que tu vibreras au rythme de la musique de ton groupe préféré, n’oublie pas de penser à tes neurones miroirs, il y a de fortes chances qu’ils soient en pleine action!






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