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De la farine remplie de protéines... parfois anormales !

La maladie de la vache folle expliquée
08/05/2014
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Depuis une quinzaine d’années, on entend parler de la maladie de la vache folle. Cette maladie, dont le vrai nom est encéphalopathie spongiforme bovine (ESB), a fait bien des ravages, surtout en France et en Grande-Bretagne. Les vaches qui en sont atteintes ont des troubles de comportement et manquent de coordination : elles titubent et trébuchent sans contrôle. La principale cause de la contamination serait l’alimentation des bovins : on leur donne de la farine animale !

Les animaux élevés pour leur viande ou leur lait doivent être bien nourris. Les farines animales, très riches en protéines et en matières grasses sont un aliment miracle. Comme leur nom l’indique, elles sont à base d’animal : les restes de carcasses que l’on trouve dans les abattoirs sont réduits en poudre, puis ajoutés à la moulée des animaux d’élevage. Ces farines sont également très abordables puisqu’elles proviennent de déchets d’animaux. Du coup, les abattoirs se débarrassent de leurs déchets et les éleveurs nourrissent leurs animaux. Tout le monde est content... ou presque.

C’est en mangeant de la farine provenant de carcasses de moutons atteints de la « tremblante », une maladie semblable à l’ESB bien connue des éleveurs d’ovins, que des vaches ont attrapé la maladie. C’est un prion — une protéine anormale — qui en est la cause. La farine animale provenant de ces moutons affectés a contaminé de nombreuses vaches qui en ont mangée. Au cours des décennies 1990 et 2000, on a dû tuer des dizaines de milliers de bêtes contaminées, sans compter que la maladie s’est transmise aux humains qui ont mangé à leur tour de la viande de ces vaches. Appelée maladie de Creutzfeldt-Jakob chez l’humain, elle a causé la mort de plus de 200 personnes en Europe.

Depuis 1994, un peu partout en Europe, des lois interdisent de nourrir les ruminants avec de la farine animale. Par contre, elle n’est pas éliminée du régime alimentaire des autres animaux. Et comme les symptômes se déclarent chez l’humain parfois plusieurs décennies après la contamination, la maladie de la vache folle fera jaser encore bien longtemps...

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