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Des bactéries « amies » dans nos assiettes

Les probiotiques et la santé
24/06/2014
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Consommer des bactéries vivantes pour améliorer sa santé ? Quelle drôle d’idée ! On nous dit pourtant sans arrêt de se laver les mains pour éliminer les bactéries, de tousser dans son coude pour ne pas disperser ses microbes... Ne sont-elles pas dangereuses ? Et non, pas toutes ! La preuve, ton corps en abrite une communauté de plusieurs milliards : c’est ta flore bactérienne. Elles sont nombreuses sur ta peau, mais encore plus abondantes à l’intérieur, d’un bout à l’autre de ton tube digestif, dans tes conduits respiratoires, dans ta vessie et dans tes canaux génitaux.

Ton intestin, par exemple, héberge plus de 1000 espèces différentes qui contribuent à son bon fonctionnement, mais qui te protègent aussi des organismes envahissants. C’est que l’intérieur de ton intestin est tapissé d’une muqueuse, une surface plus fine que la peau qui permet le passage des nutriments vers ton sang. Une telle finesse en fait une porte d’entrée de choix pour les micro-organismes pathogènes. Savais-tu, par exemple, que la grippe est causée par les virus qui parviennent jusqu’à ton intestin et qui traverse dans ton corps à cet endroit ?

Mais, pour un micro-organisme, il n’est pas facile d’atteindre la muqueuse intestinale, car elle est déjà surpeuplée ! Les bactéries de ta flore intestinale occupent déjà tout l’espace et elles le défendent. Les envahisseurs doivent d’abord combattre tes bactéries avant d’entrer dans ton corps. Une armée de première ligne, à ton service !

Mais une grosse infection, un stress ou la prise d’antibiotique peuvent détruire ces soldats et déséquilibrer ta flore intestinale. La porte est alors ouverte aux infections. L’idée derrière les probiotiques, c’est d’envoyer des renforts ! En mangeant des « bonnes » bactéries, on aide la flore intestinale à se reconstruire, ce qui renforce notre système immunitaire.

Si l’idée est bonne, l’efficacité des probiotiques est toutefois contestée. C’est qu’une fois avalés, un véritable parcours du combattant les attend. Les probiotiques doivent résister à l’acide chlorhydrique de l’estomac, puis éviter les enzymes de l’intestin qui découpent les aliments pour les rendre assimilables. 90 % vont périr, et les survivants devront se faire « accepter » par la flore locale. Quelques millions de nouvelles bactéries ne changent pas grand-chose à une population qui en compte des milliers de milliards...

Pour un réel effet bénéfique, il faudrait donc consommer une très grande quantité de probiotiques de façon régulière. Mais il n’existe aucun consensus sur une posologie effective. Certains considèrent les probiotiques comme un simple argument de vente, d’autres mènent des recherches pour prouver leur efficacité. Chaque bactérie est différente et seules quelques souches ont fait l’objet d’étude et sont considérées comme de vrais probiotiques. Lors d’un prochain passage à l’épicerie, regarde la composition des yogourts. Tu découvriras qu’ils renferment des bactéries comme Bifidobacterium lactis et Lactobacillus acidophilus. Des alliées microscopiques qui ont fait leurs preuves.





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