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Un paradis sous-marin

Les récifs coralliens
29/04/2016
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Véritable paradis pour les plongeurs, les récifs coralliens sont avant tout un des écosystèmes les plus complexes et les plus diversifiés sur Terre. Bien qu’ils ne couvrent que 0,2 % des océans, ils abritent près de 30 % des espèces marines connues et sont une source de subsistance pour 500 millions de personnes dans le monde !

Une équipe de scientifique vient de trouver dans le fleuve d’Amazone un important récif corallien long de plus de 900 kilomètres. Une découverte étonnante, car le fleuve n’offre pas à priori les conditions propices pour le développement de coraux. Ces immenses murailles sous-marines sont le fruit du travail de petits animaux appelés polypes. Ils vivent normalement dans les zones intertropicales où l’eau salée et translucide atteint des températures entre 68 °F à 83 °F. Un environnement bien différent de l’Amazone où l’eau est particulièrement opaque à cause de la boue. D’après les scientifiques, les coraux se seraient adaptés à ce nouvel environnement.

Comment des animaux de quelques millimètres sont-ils capables de construire de telles murailles ? C’est un véritable travail d’équipe ! Chaque polype puise dans l’eau de l’acide carbonique et du calcium pour fabriquer du calcaire. La structure s’agrandit jour après jour pour former une colonie. Comme si le corail était un immeuble et les polypes les habitants vivant dans chaque appartement. Chaque petite bête héberge un « colocataire » ; une microalgue. En pratiquant la photosynthèse, celle-ci apporte au polype oxygène et glucide (qui, en échange, lui offre un toit et de quoi se nourrir). Cette relation de symbiose est indispensable pour la survie des coraux. Ce sont aussi ces microalgues qui leur confèrent leurs couleurs flamboyantes. Poissons, oursins, étoiles de mer, crustacés ou encore mollusques y trouvent refuge, protection et nourriture.

Tout juste découvert, le récif corallien du fleuve d’Amazone est déjà menacé par l’industrie pétrolière de la région. À cela s’ajoutent les risques qui pèsent sur tous les autres récifs tels que l’acidification et la hausse de température des océans, la diminution de la salinité des eaux due aux déforestations, l’urbanisation du littoral et les rejets domestiques et industriels.

Ces perturbations provoquent l’expulsion des microalgues des coraux. Les polypes, démunis de leurs précieux alliés, perdent leur apport en substances nutritives et leur belle coloration puis finissent par mourir. Ce blanchissement des coraux est de plus en plus inquiétant, car c’est tout un écosystème qui est mis en péril. De récentes études évaluent que 93 % de la Grande Barrière de Corail en Australie, le plus grand récif corallien au monde, serait affecté par ce phénomène. Il reste encore un espoir, puisque si cette situation est rapidement prise en main, des larves peuvent recoloniser les anciens coraux et ainsi sauvegarder ces trésors naturels.

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