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Loup ou coyote ? Les deux !

L'hybridation chez les canidés
22/12/2017
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photo: cybernesco@depositphotos


Le nom latin du coyote est Canis latrans.
Celui du loup est Canis lupus.
Et pour le chien, c'est Canis lupus familiaris.

Cela signifie que le chien est considéré comme une sous-espèce de loup, puisqu'il porte le même nom de genre (Canis) et le même nom d'espèce (lupus). Cela s'explique parce que ton chien descend d'un loup domestiqué par tes lointains ancêtres.

Le cas du coyote est particulier. Même si on lui a donné un nom d'espèce à lui, il peut sans problème s'hybrider avec le loup et donner naissance à des petits parfaitement sains et parfaitement féconds, ce qui est habituellement possible chez des individus de la même espèce.

Historiquement, après la dernière glaciation en Amérique du Nord, l'ancêtre commun a évolué en deux espèces pour occuper deux niches écologiques distinctes. Le loup s'est retrouvé à peu près partout au Québec, alors que la province était presque entièrement recouverte de forêt; il se nourrissait de grands ongulés comme l’orignal. Le coyote, lui,  a occupé les grandes prairies de l’Ouest, mangeant de petites proies comme des lièvres.

Avec les coupes forestières du XIXe siècle, les loups ont dû retrancher vers le nord alors que les coyotes ont vu de nouveaux territoires s’ouvrir à eux. Le premier coyote québécois a été aperçu à Gatineau en 1944. En 1963, ils occupaient déjà les deux rives du fleuve jusqu’à la hauteur de La Malbaie. En 1973, ils avaient atteint la Gaspésie et en 1991, la Côte-Nord. Dès le milieu des années 1990, on pouvait les repérer à Matagami.

Avec une telle progression, les rencontres loup-coyote ne peuvent qu'être fréquentes. Au Québec, des analyses génétiques menées sur 154 loups ont révélé que 13% des coyotes possèdent des gènes de loup et que 37% des loups ont des gènes de coyotes, ce qui indique que les accouplements inter-espèces sont fréquents.

Avec tout ça, faut-il s’inquiéter de l’avenir du loup « pur-sang »? Des scientifiques craignent effectivement une dilution du patrimoine génétique du loup. Mais il s’agit peut-être aussi d’une réponse naturelle aux modifications de l’habitat par l’humain, qui entraînera peut-être l’apparition d’un super-canin, moitié loup, moitié coyote, qui sera bien adapté à ce nouvel environnement.

Va falloir lui trouver un nom à ce coyo-loup...


Voir aussi le reportage dans Québec Science: La dénature du loup





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