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Pièces de rechange vivantes

Les greffes
29/12/2017
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Photo: Anemone123@Pixabay 


Transplanter la tête d’une personne sur le corps d’une autre. C’est le défi qu’a relevé un chirurgien italien en novembre dernier… sur des cadavres. Sa prochaine étape : greffer une tête bien vivante sur un autre corps pour permettre à une personne paralysée de retrouver sa mobilité.

Une greffe consiste à transférer sur un malade des cellules, des tissus ou des organes provenant d’un autre être vivant. Lorsque le « greffon » provient du patient lui-même, on parle d’autogreffe. Par exemple, lors d’une brûlure grave, le médecin recouvre la région endommagée avec de la peau issue d’une autre partie du corps. Mais lorsque des organes vitaux comme le cœur, les poumons ou les reins sont à bout de souffle, le dernier espoir repose sur un donneur, souvent une personne en mort cérébrale. Actuellement, plus de 2,9 millions de personnes au Québec ont donné leur consentement pour qu’on prélève leurs organes et leurs tissus après leur mort.

Lorsqu’un donneur potentiel décède brutalement, par exemple d’un accident de la route ou d’une crise cardiaque, une course contre la montre s’enclenche. Les médecins consultent la base de données des patients en attente de transplantations et attribuent le ou les organes utilisables selon l’âge, la taille, le poids et le groupe sanguin. Le succès d’une greffe repose sur la compatibilité des systèmes immunitaires du donneur et du receveur. Autrement, l’organe implanté est reconnu comme un intrus et les anticorps le détruisent ; c’est le rejet. En 2015 au Québec, 507 personnes ont reçu une greffe d’un donneur décédé et les taux de réussite sont excellents : 80 à 95 % des patients se portent bien un an après l’opération.

Mais greffer une tête est une tout autre affaire. Prélever la tête, protéger le cerveau pendant l’intervention et reconnecter la moelle épinière semblent des défis difficiles à relever. Et si cela fonctionnait, cette intervention soulève de nombreuses questions éthiques et juridiques, auxquelles nous n’avons pas encore de réponse.


À lire aussi, le reportage de Québec Science: Organes recherchés





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