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Agronome

17/11/2014
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Si tu as un bon verre de lait le matin au déjeuner, un savoureux steak ou encore de délicieux haricots dans ton assiette c’est grâce à l’agriculteur, mais aussi à l’agronome.

Véritable conseiller, l’agronome aide à trouver des solutions aux problèmes que rencontrent les entreprises agricoles. Produire une viande bovine tout en respectant les règles d’élevage des animaux, choisir les céréales les mieux adaptées à un sol acide, sélectionner les meilleures vaches laitières, choisir la meilleure machinerie... les missions de cet homme de terrain sont nombreuses. Évidemment, l'agronome doit se spécialiser dans un secteur d’activité : porcin, laitier, avicole, production végétale…

Pierre-Luc Faucher, agronome

Pierre-Luc Faucher a terminé son baccalauréat en agronomie à l’Université Laval en 2012. Depuis, il travaille comme agronome chez Lactech – Agri-Marché, une compagnie de produits alimentaires, dans le secteur de La Beauce. Sa spécialité : la production laitière.

Pourquoi avoir choisi de devenir agronome ?
Mon projet de carrière s’est développé au fil de mes années d’études. Lorsque j’ai terminé mon DEC, je n’étais pas prêt à embarquer sur le marché du travail. J’ai alors fait le grand saut et je suis allé à l’université. Je voulais faire quelque chose de plus fondamental, comprendre le pourquoi du comment ! Mes parents sont aussi agriculteurs et travaillent dans la production laitière.

En quoi ton métier est-il important ?
Notre métier consiste à conseiller des agriculteurs. Nous sommes un peu le regard externe dont ils ont besoin. On leur apporte de nouvelles techniques, et des informations sur le développement économique et social.

Quels aspects de ton travail préfères-tu ?
En tant qu’agronome, on est amené à parler avec différents publics, c’est le point fort de ce métier. Je suis aussi mon propre gestionnaire. Agri-Marché nous permet de travailler chez nous, ça laisse énormément d’autonomie.

Et ce que tu aimes le moins ?
La compétition. Je travaille pour une compagnie de produits alimentaires. Mais nous ne sommes pas les seuls, la concurrence peut être difficile, au niveau des prix, de la qualité des produits... Cela peut être stressant, mais ce sont aussi des défis excitants à relever !

Quels conseils donnerais-tu aux jeunes qui veulent devenir agronome ?
Il faut être ouvert d’esprit. Quand on prend une position, il faut s’assurer d’avoir les bons arguments pour défendre notre point de vue. Ce métier nécessite des connaissances générales très diversifiées : agricole, alimentaire, économique... Il faut évidemment être passionné. Pas la peine de faire ce métier si tu ne pars pas au travail avec le sourire !

Travailles-tu avec d’autres professionnels ?
À longueur de journée ! Je travaille avec des vétérinaires, d’autres conseillers dans le domaine, et même des banquiers quelques fois.

Es-tu amené à voyager ?
Mon client le plus loin se trouve à 2 h 30 de chez moi. Il arrive parfois que je parte plus loin, aux États-Unis ou à Toronto pour des formations ou visiter des fermes.

Quelles relations entretiens-tu avec les producteurs ?
Je les rencontre environ 1 fois par mois, et cela pendant plusieurs années. Il s’installe une grande relation de confiance. On ne se contente plus de parler de travail, mais d’autres sujets comme la famille, par exemple.

Quelle est la réalisation professionnelle dont tu es le plus fier ?
Tout au début, j’ai remplacé un représentant qui travaillait dans la compagnie depuis 30 ans. J’ai récupéré la plupart de ses clients ! Les premiers mois étaient assez difficiles, car j’ai dû plonger dans le dossier de chacun. Le défi était de ne pas les perdre. J’ai réussi !

Une anecdote à nous partager ?
Je rendais visite à un producteur que je ne connaissais pas encore, mais celui-ci était absent.  En repartant, je suis resté coincé avec mon véhicule dans une tempête de neige. Il a fallu que j’attende son retour une heure plus tard pour qu’il me sorte avec son tracteur. Belle première rencontre !

Comment vois-tu ton métier dans une dizaine d’années ?
C’est sûr qu’il va évoluer ! Grâce à la robotisation, on devient de plus en plus efficace. J’ai des clients qui ont déjà des robots pour traire les vaches ! Il faut être habile avec l’ordinateur, ça devient obligatoire.
Une journée dans la vie de Pierre-Luc

Vers 7 h 30, Pierre-Luc s’installe à son bureau, chez lui, avec son premier café de la matinée. Ses journées sont planifiées deux-trois jours à l’avance, il connait donc le programme du jour. Il s’attèle à la planification des jours à venir puis consulte ses courriels. L’agronome passe en revue les producteurs auxquels il va rendre visite. Il lit un ou deux articles scientifiques concernant la recherche en production laitière avant de prendre la route vers 9 heures.

Une demi-heure plus tard, chez son premier client, l’agronome fait un tour de l’étable, visite le troupeau, inspecte la ration et évalue la quantité de lait produit par vache. Pierre-Luc vérifie aussi que les mangeoires sont bien ajustées et s’assure que les ingrédients contenus dans le silo sont bien conservés. Il informe le producteur des nouveautés en termes d’alimentation.

Après avoir visité un autre client, il prend une pause pour dîner au restaurant. Dans l’après-midi, il rend visite à 2 ou 3 autres agriculteurs. Entre deux rendez-vous, il tente sa chance auprès d’un producteur qui ne traite pas avec l’entreprise. Celui-ci l’invite à visiter sa production. Pierre-Luc lui souligne les problèmes repérés et les solutions qu’il pourrait lui apporter.

Vers 16 heures, l’agronome rentre chez lui et rédige un rapport de sa journée qu’il enverra à la compagnie qui l'embauche. C’est le moment aussi de réaliser des petits ouvrages, comme le programme alimentaire que le producteur du matin lui a demandé d’ajuster pour ses vaches.

Une fois par mois, Pierre-Luc a une réunion d’équipe au sein de son entreprise, en compagnie d’une vingtaine d’autres représentants. Il reste ainsi informé de ce qui se passe au Québec.
Sur les bancs de l’école :

Pierre-Luc Faucher est titulaire d’un DEC en productions animales de l’Institut de Technologie Agroalimentaires de La Pocatière. Il a ensuite poursuivi avec un baccalauréat en agronomie à l’Université Laval, en plus de réaliser en 1 an une mineure en profil entrepeunariale.

Au Cégep :
DEC en productions animales, biologie ou autres disciplines connexes

À l’université :
Deux universités au Québec offrent des baccalauréats dans ce domaine

L’Université Laval (Québec) :
• Baccalauréat en bioagronomie
• Baccalauréat en agronomie :
    - agronomie générale
    - productions animales
    - productions végétales
    - sols et environnement
• Baccalauréat en agroéconomie ou économie et gestion agroalimentaire
• Baccalauréat en sciences et technologie des aliments, concentration agronomie
• Baccalauréat en génie agroenvironnemental ou génie rural

L’Université McGill (Montréal) :
• Science agroenvironnementale :
    - Spécialisation en production animale et en agrologie  
    - Spécialisation en agriculture écologique et en agrologie
    - Spécialisation en production végétale et en agrologie
    - Spécialisation en ressources du sol et de l’eau et en agrologie
    - Spécialisation en économie agricole et en agrologie
• Agroéconomie :
    - Spécialisation en industrie agroalimentaire et en agrologie
• Génie des bioressources :
    - Option agrologie

Après le baccalauréat il est possible de poursuivre ses études en maîtrise et doctorat dans des disciplines variées telles qu’agroforesterie, biologie végétale, sciences animales, sols et environnement…

Et après ?
L’agronome peut intervenir en milieu agricole, mais aussi en milieu urbain ou périurbain. Il peut travailler dans des milieux variés comme les cabinets de consultation d’agronome, les centres de recherche, les établissements d’enseignement, les organismes gouvernementaux et les regroupements de producteurs agricoles, les entreprises agricoles, d’approvisionnement à la ferme et de service-conseil.
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