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Ingénieur en géologie

28/09/2015
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Constamment les pieds sur Terre, nous ignorons pourtant ce qui s’y trouve en dessous. Qui sait, peut-être que s’y cachent des ressources insoupçonnées.  Un mystère pour nous, mais pas pour l’ingénieur en géologie, spécialiste des sols et des sous-sols.

Qu’il travaille dans l’industrie minière à la quête de gisements exploitables ou dans l’industrie de la construction pour étudier les sols avant la construction de routes, d’immeubles ou de tunnels, l’ingénieur fait appel à ses connaissances en géologie, en mathématiques et en statistiques pour relever des défis d’envergure.

Martin Perron, ingénieur sénior en géologie
Avec plus de vingt ans de carrière derrière lui, Martin Perron a eu l’occasion d’étudier de nombreux gisements : cuivre, zinc, or ou encore potasse. En juin 2014, il a rejoint l’équipe de Goldcorp où il travaille à la mine Éléonore, une mine d’or souterraine située à la Baie-James.

Pourquoi avoir choisi de devenir ingénieur en géologie ?
C’est un métier que j’ai découvert lors d’un cours de géologie pendant ma dernière année au Cégep. J’ai tout de suite été séduit !

Quel est ton rôle dans une mine en production ?
Découvrir où il faut creuser pour trouver du minerai ! Évidemment ce n’est pas du hasard. Grâce à des études de terrain, je prédis la qualité de la roche ainsi que la quantité du métal afin de déterminer si l’opération est rentable. Par la suite, je vérifie si ma prédiction est bonne. Si ce n’est pas le cas, j’essaye de comprendre pourquoi.

Ton travail est-il identique d’une mine à une autre ?
Il existe évidemment des similitudes. Mais chaque type de gisements à ses propres défis. Travailler dans une mine d’or par exemple s’avère plus complexe que dans une mine de zinc ou de cuivre.

Qu’apprécies-tu le plus et le moins dans ton travail ?
Le défi. Il n’y a aucune journée semblable à une autre. Dans un environnement de production minière, le rythme d’opération est très rapide, nous avons des obligations de résultat. D’un autre côté, c’est parfois un inconvénient. Certains gisements sont compliqués et si nous ne prenons pas le temps de bien les comprendre, nous pouvons facilement passer à côté de quelque chose d'important !

Quelles sont les qualités nécessaires pour exercer ton métier ?
Il faut de l’imagination. J’utilise beaucoup de logiciels de modélisation 3D pour faire mes prédictions. La géologie c’est l’histoire de la Terre. Il faut comprendre et imaginer les évènements géologiques passés.

Ton travail est-il dangereux ?
Mon métier n’est pas sans risques, mais il est moins dangereux que d’autres professions à la mine. Lorsque je descends sous terre, j’accède toujours à des endroits sécurisés.

Une fois toutes les ressources de la mine exploitées, que se passe-t-il ?
Il faut trouver un autre emploi ! C’est le jeu lorsqu’on travaille dans ce domaine. En 20 ans de carrière, je n’ai jamais été sans travail. Si tu es mobile, ça ne pose généralement aucun problème.

Un de tes plus grands défis ?
Je dirais qu’il y en a eu plusieurs. Par exemple, à mes débuts à Goldcorp il fallait s’organiser pour réussir à produire de l’or parce que la construction tirait à sa fin. Sur la mine de potasse à Saskatchewan, la géologie et les méthodes de minage étaient totalement différentes de ce que j’avais été habitué au Québec.

Une anecdote à nous raconter ?
Nous avons toujours un petit défi personnel à savoir si nos prédictions vont être bonnes ou non. Quand ce n’est pas le cas, ce qui arrive parfois, il faut être humble. Surtout lorsque nos coéquipiers se font un malin plaisir à nous rappeler notre erreur.

 
Une journée dans la vie de Martin…

Chercheur d’or des temps modernes. C’est en quelque sorte ce qu’est devenu Martin. À la tête d’une équipe de huit personnes, il est responsable de la géologie de la mine Éléonore au complet ! Lundi, 4 h 45, l’ingénieur en géologie est prêt pour sa journée de travail. Il vient d’arriver de Montréal en avion.

Comme tous les matins, la première réunion a lieu. Au programme, « santé et sécurité au travail » en compagnie des membres du département d’ingénierie et de géologie et « production minière » avec les ingénieurs miniers et le département des opérations. Après avoir assisté à plusieurs réunions de planification, Martin se lance dans l’étude de carottes géologiques. Il s’agit de cylindres de roches prélevés grâce à des trous de forage. Le spécialiste décrit tout d’abord visuellement le type de roche qu’il a entre les mains avant d’envoyer des échantillons pour analyses chimiques.

Dans l’après-midi, l’ingénieur, accompagné de deux techniciens en géologie, accède directement à la mine souterraine en camion. Auparavant, le groupe a endossé son équipement de sécurité : couvre-tout, casque, lunettes, bottes de caoutchouc avec protecteur d’acier, veste de visibilité, ceinture et lampe… À l’aide de son marteau à roche, l’ingénieur prélève des échantillons en vue de les envoyer au laboratoire pour analyses. Il réalise également de nombreuses photos avec sa caméra digitale. Demain, il consacrera sa journée à faire de la modélisation 3D à son bureau. Après 4 jours de travail bien remplis à la mine, Martin rejoindra sa famille pour le reste de la semaine. Avant de reprendre un avion lundi matin, direction Éléonor !
Sur les bancs d’école…
Après avoir obtenu un DEC en sciences pures au Cégep de Jonquière, Martin a intégré le baccalauréat en Génie géologique à l’Université du Québec à Chicoutimi. Pendant sa formation, il a réalisé trois stages d’été pour des compagnies minières.

Au cégep :
DEC en Sciences de la nature ou Sciences informatiques et mathématiques ou tout autre DEC et avoir réussi les cours de mathématiques, physique et chimie.

À l’université :
Baccalauréat en Génie géologique offert à Polytechnique de Montréal, à l’Université du Québec à Chicoutimi et à l’Université Laval.
Pour exercer la profession et porter le titre d’ingénieur, il faut être membre de l’Ordre des ingénieurs du Québec.

Et après ?
L’ingénieur en géologie peut travailler dans des compagnies minières et pétrolières et des firmes d’ingénieurs… Il peut également œuvrer dans des centres de recherches (privés, gouvernementaux et universitaires), pour le ministère des Ressources naturelles, le Conseil national de recherches du Canada, Ressources naturelles Canada…
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