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Professions

Inhalothérapeute

09/09/2011
Si tu souffres d’asthme ou que tu as été opéré à l’hôpital, tu as sûrement déjà rencontré un inhalothérapeute. Dès qu’un patient respire difficilement, il intervient pour l’aider à retrouver son souffle. Il est donc aussi appelé au chevet d’une personne qui vient de faire un arrêt cardiaque ou respiratoire.

L’inhalothérapeute est aussi l’intermédiaire entre le malade et les machines. Il y en a de toutes les sortes : des petites, pour tester les capacités respiratoires et des plus grosses pour mesurer les battements cardiaques et la respiration. Sans oublier les appareils de respiration artificielle. Un métier où il faut du souffle !


Line Prévost, inhalothérapeute

Line Prévost n’a jamais rêvé d’être médecin ou infirmière… Adolescente, elle savait déjà qu’elle voulait être inhalothérapeute ! Elle travaille aujourd’hui pour une clinique privée, au service d’assistance anesthésique. Elle assiste donc un anesthésiologiste au bloc opératoire.

Quelles sont les qualités requises pour être un bon inhalothérapeute ?
Le premier critère est bien sûr d’aimer la biologie. Il faut aussi savoir réagir rapidement à des situations inattendues et très diverses. Par exemple, si un patient arrive aux urgences, il faut le soigner le plus vite possible. La nuit surtout, où le personnel médical est réduit, on est parfois seul à pouvoir intervenir : il faut donc savoir choisir les bons médicaments et utiliser les bons appareils.

Au bloc opératoire, quand le patient est sur la table d’opération, il ne faut pas le quitter des yeux et surveiller les battements de son cœur et son souffle. Son état peut changer rapidement.

Quel matériel utilisez-vous au bloc opératoire ?
Avant d’endormir un patient, on le branche au monitorage : des électrodes qui permettent de mesurer en temps réel les battements du cœur, le taux d’oxygène dans le sang, la fréquence de la respiration et la température corporelle. J’utilise aussi des intraveineuses : des petits tubes qu’on met dans la veine du bras pour injecter des médicaments au cours de l’opération.

Quand un patient ne respire plus, je lui mets un tube dans la gorge et je le branche à un respirateur artificiel. L’oxygène va alors directement dans ses poumons.

Qu’est-ce qui vous plaît le plus dans votre métier ?
La diversité du travail. Dans ma carrière, j’ai changé plusieurs fois de service et c’est très différent à chaque fois. Par exemple, j’ai travaillé aux urgences, aux soins intensifs, en pédiatrie et aujourd’hui au bloc opératoire. J’ai aussi enseigné au collégial.

Un inhalothérapeute peut s’occuper de bébés prématurés une semaine et être au bloc opératoire la semaine suivante. On ne s’ennuie jamais. En plus, on aide vraiment les gens.

Quel est l’aspect de votre travail qui vous plaît le moins ?
C’est le travail de fin de semaine ou pendant les vacances. Il doit y avoir des inhalothérapeutes à la clinique 24 heures sur 24, 365 jours par année. Alors on ne peut pas toujours passer nos congés en famille. Mais je n’ai jamais pensé à changer de profession : ça fait partie du travail, c’est tout.

Vous est-il déjà arrivé des choses cocasses ?
Un inhalothérapeute voulait jouer un tour à un collègue : il a trafiqué le soluté pour faire croire qu’il y avait un poisson dedans !
Une journée dans la vie de Line

Le matin, Line regarde le nombre d’opérations programmées pour la journée : il y en a parfois jusqu’à 15 ! Aujourd’hui, une grosse intervention l’attend : une chirurgie à cœur ouvert.

Line va au bloc opératoire et elle prépare tous les médicaments et les instruments dont vont avoir besoin les médecins pour opérer ce premier patient. Tout doit être propre et sécuritaire, c’est très important pour que l’opération se déroule vite et bien.

Quand tout est en place, Line fait entrer le patient dans la salle. Elle lui pose une sonde dans le bras (qui servira à injecter des médicaments pour l’endormir) et un capteur sur le doigt, qui mesure en permanence les battements de son cœur, la fréquence de sa respiration et la température de son corps.

Ce matériel (appelé « le monitorage ») permet de suivre l’état de santé du patient et d’alerter Line et les médecins en cas de problème.

Une fois anesthésié, le patient tombe dans un sommeil artificiel. Il est inconscient et ne ressent plus la douleur, mais il ne peut plus respirer tout seul. Line lui met alors un tube dans la gorge et le branche à un respirateur artificiel. L’opération peut commencer.

Le travail de Line est loin d’être fini. Elle doit maintenant mesurer toutes les 3 minutes si le patient va bien. Elle note les informations données par le monitorage.

L’opération va durer 5 heures : Line et l’anesthésiologiste se relaient au chevet du patient. Ils doivent être prêts à intervenir à chaque instant.

Quand l’opération est terminée, Line et l’anesthésiologiste réveillent le patient grâce à des médicaments dits « antidotes ». Line s’assure qu’il a retrouvé ses esprits et l’aide alors à reprendre son souffle. Elle enlève le tube qu’il a dans la gorge et lui met un masque à oxygène sur le visage.

Au bout de quelques minutes, le patient respire à nouveau tout seul. Line l’accompagne alors en salle de réveil.

Une urgence est arrivée à la clinique, il faut soigner la personne immédiatement. Pas le temps de prendre une pause, le repas attendra. Line retourne au bloc chirurgical pour une nouvelle opération !
Sur les bancs d’école...
Line Prévost a obtenu son DEC au collège Rosemont de Montréal, puis un certificat en inhalothérapie à l’Université de Montréal (cette formation n’est plus offerte aujourd’hui à Montréal).

Au cégep :
DEC en techniques d’inhalothérapie et d’anesthésie (3 ans)

Offert dans 5 cégeps au Québec. À Montréal, le collège Vanier propose une formation en anglais.

À l’université :
Certificat d’inhalothérapie, anesthésie et soins critiques

Uniquement offert à l’université du Québec en Abitibi-Témiscamingue (UQAT), accessible en formation à distance.

Et après ?
Les diplômés peuvent travailler dans de nombreux établissements : hôpitaux, centres locaux de services communautaires (CLSC), cliniques privées, centres de recherche ou entreprises privées de soins à domicile.

Selon le centre hospitalier, il peut travailler dans les unités de soins (chirurgie et médecine), au bloc opératoire, à l’urgence, aux soins intensifs, dans les unités de physiologie respiratoire, en néonatalogie, etc.

Dans certains centres, où il y a beaucoup de rotation au sein du personnel soignant, l’inhalothérapeute peut changer de secteur chaque semaine ; dans d’autres, il peut très bien garder la même « spécialité » toute sa vie.

Le taux de placement est de 100 %, mais les postes proposés ne sont pas toujours à temps plein pour les nouveaux diplômés. Au début, il arrive qu’on travaille de nuit ou en soirée.
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