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Professions

Médecin de famille

11/09/2018
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Quand ça ne tourne pas rond, le médecin de famille est la première personne vers qui te tourner. Tu peux lui faire confiance, après tout, il te connait depuis que tu es tout petit !

De la naissance des patients à l’âge adulte, le médecin de famille suit leur état de santé physique et mental. Il les conseille, les accompagne et les soigne pendant des années, voire des décennies !

Aussi appelé médecin généraliste ou omnipraticien, ce professionnel de la santé doit être à l’aise avec les jeunes comme les ainés, peu importe la nature du bobo. Sa formation élargie lui permet de diagnostiquer et traiter nombre de maladies et de blessures. Après avoir interrogé et examiné le patient, il peut recommander des prélèvements, des tests ou si besoin, diriger la personne vers un spécialiste.

Loin de se limiter aux examens de routine en clinique, le médecin de famille peut être amené à travailler dans toutes sortes de milieux : hôpital, CLSC, clinique sans rendez-vous et même directement chez ses patients !
 

Gabrielle Ménard-Godin, médecin de famille



Fraîchement formée, Gabrielle entame sa carrière en tant que médecin de famille au CLSC de Chertsey, dans la région de Lanaudière. Après 2 années de stages postdoctoraux, elle était prête pour son premier poste !

En quoi consiste le travail de médecin de famille ?
C’est difficile de cerner le travail de médecin de famille : il y a tellement de branches dans lesquelles on peut exercer !

On peut travailler à l’urgence, assister les chirurgiens au bloc opératoire, suivre des patients hospitalisés ou encore des accouchements. À travers tout ça, on fait de la consultation et des mini chirurgies en cabinet, en CLSC, en clinique jeunesse, en pénitencier…

Généralement, un médecin de famille accomplit quelques unes de ces tâches en plus de prendre des patients en charge. Pour eux, il devient alors la personne ressource en cas de problème. Pour les gens en bonne santé, les examens annuels ne sont plus recommandés comme autrefois, alors ce sont surtout les jeunes enfants et les malades qui visitent régulièrement leur médecin.

Pour ma part, mon horaire combine bureau, urgence et clinique jeunesse.

Est-il essentiel que tu sois à l’aise dans toutes les disciplines médicales ?
Je n’ai pas le choix : la première chose à faire quand quelque chose cloche est de voir son médecin de famille !

Sans être spécialistes, on doit être bon dans tout. Il faut reconnaitre et soigner la majorité des problèmes courants. Si c’est au-delà de nos capacités, on redirige le patient. De nombreuses personnes présentent aussi des particularités en lien avec la santé mentale : il faut être prêt à aborder le sujet avec eux.

5 ans d’apprentissage intensif, ça fait beaucoup de choses à retenir ! C’est stressant au début, mais pendant l’externat et la résidence, on met la théorie en pratique et le cerveau s’habitue à faire des liens.

Un patient se présente à toi avec un mal d’origine inconnue. Comment t’y prends-tu pour trouver la source du problème et le soigner ?
Si tu vas chez le garagiste parce que ta voiture fait un drôle de bruit, il va te demander à quel moment ce bruit a lieu : lorsque tu freines, lorsque tu tournes, etc. Ce genre de question l’aide à identifier le mécanisme défectueux.

Pour moi, c’est un peu la même chose. Souvent, il y a un symptôme plus important que les autres, alors je demande quand ce dernier survient, combien de temps il dure, quelles sensations sont ressenties, qu’est-ce qui aide à faire passer le mal. J’élimine les possibilités. En médecine, il y a toujours un peu d’incertitude, alors on traite ce qui est le plus probable et on garde en tête les autres possibilités.

Quels genres de chirurgies pratiques-tu au bureau ?
Je fais des mini-chirurgies simples comme retirer des acrochordons, des taches de vieillesse, des verrues, des kystes et des ongles incarnés… bref des interventions où la personne n’a pas besoin d’être anesthésiée !

Combien de patients un médecin de famille peut-il suivre ?
Un médecin qui ne fait que du bureau doit avoir un minimum de 500 patients lors de sa première année de pratique. Ce chiffre augmente avec les années à mesure qu’on établit notre clientèle. Au moment fort de sa carrière, un médecin de famille a environ 1500 patients.

L’univers de la santé comporte son lot de croyances erronées et de charlatans. Dois-tu parfois jouer les éducatrices avec tes patients ?
Oui, un peu. Il y a des médecines alternatives auxquelles il faut faire attention, et d’autres qui procurent certains bienfaits. Quand une personne croit que les phases de la lune affectent son état de santé, je ne ris pas ! Je lui propose un moyen de la soulager, et si elle est réceptive, je lui explique la vraie raison derrière son malaise.

Quand on me parle de cures «désintox», ça me fait toujours un peu sourire, car il n’y a rien de mieux que le corps lui-même pour éliminer les toxines. Le foie et les reins sont faits pour ça !

Qu’est-ce qui t’a d’abord intéressée à la médecine familiale ?
La liberté ! Le médecin de famille n’est pas spécialiste dans un domaine précis, il peut faire tellement de choses ! Aussi, le contact humain est très gratifiant.

Quelles sont les qualités qui te servent le plus dans ton travail ?
La capacité d’écoute et l’empathie permettent de créer un contact rapidement avec le patient. Avoir une bonne mémoire est également un atout, mais ce n’est pas essentiel. Personnellement, j’utilise davantage ma logique !

Y a-t-il des difficultés associées à ton travail ?
Personnellement, je trouve difficile de voir dépérir les patients très malades. Je ne le montre pas, mais ça me touche quand même. Certains médecins sont meilleurs que d’autres pour faire la part des choses et éviter de ramener le travail à la maison.

Être médecin fait-il que tu es plus à l’écoute de ton corps ?
Bien sûr ! Beaucoup de médecins sont très à l’écoute de leur corps au point d’en devenir hypocondriaques. Je tombe dans cette catégorie ! À l’inverse, d’autres ont plutôt tendance à banaliser leurs problèmes.
Une journée dans la vie de Gabrielle
Les journées de Gabrielle se déroulent différemment selon l’endroit où elle se trouve. À l’urgence, difficile de prévoir ce qui l’attend pour les 8 heures à venir ! Au bureau, son temps se partage entre les plages horaires consacrées au suivi des patients, les consultations pour les problèmes de santé et les rendez-vous de dernière minute. La clinique jeunesse est quant à elle comme une clinique sans rendez-vous, mais pour les adolescents… et dans une polyvalente !
 
Sur les bancs d’école…
Gabrielle a intégré le programme de médecine de l’Université de Montréal en 2011. Cinq ans plus tard, elle obtient son doctorat au campus de Trois-Rivières pour ensuite réaliser un post-doctorat au campus de Longueuil, qu’elle complète en 2018. On peut dire qu’elle n’a pas pris de détours, puisqu’en seulement 7 ans, la voilà médecin de famille !


À l’université :
Le programme de médecine est offert dans les quatre universités suivantes :
Université de Montréal
Université de Sherbrooke
Université Laval
Université McGill

N.B. : Au Québec, pour pratiquer en tant que médecin, tu dois obligatoirement devenir membre du Collège des médecins du Québec.

Et après…
Chaque année, le gouvernement ouvre autant de postes à combler qu’il y a de finissants en médecine familiale… donc tout le monde a un emploi ! Sauf que ces emplois sont distribués partout à travers le Québec. Les jeunes médecins qui ne désirent pas travailler en dehors des centres urbains peuvent être déçus. Ils peuvent alors réessayer l’année suivante, travailler dans le milieu privé ou partir à l’étranger. Une chose est sûre, c’est qu’il y a toujours des postes vacants au Québec !
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