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Microbiologiste

18/08/2017
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Les microbiologistes étudient le vivant microscopique. Cela inclut les bactéries, les champignons, les protozoaires et les virus. Bien que la plupart d’entre eux soient invisibles à l’œil nu, il ne faut pas négliger leur présence partout autour de nous. Ils ont colonisé notre corps et la plupart y vivent en symbiose. Les scientifiques s’intéressent d’ailleurs de plus en plus à leurs interactions avec notre organisme dans le cadre de maladies comme l’autisme, la maladie de Parkinson et le diabète.

Dans l’industrie, si certains microbiologistes surveillent leur présence indésirable dans leurs usines, d’autres les utilisent dans la fabrication de la bière, du pain et du bioplastique par exemple.

Finalement, des microbiologistes sont aussi présents dans les centres de recherche pour contrer les micro-organismes pathogènes en travaillant sur de nouveaux antibiotiques et vaccins.

Véronique Belley, microbiologiste
Véronique Belley est microbiologiste chez Les Emballages Knowlton Inc, dans les Cantons de l’Est depuis près de 1 an et demi. Elle y travaille en recherche et développement.



Pourquoi as-tu choisi de pratiquer ce métier ?
J’ai toujours aimé le vivant quand j’étais jeune. Les insectes, les grenouilles et tout ça. Quand j’ai fait mes études en techniques de laboratoire, j’ai eu des cours de microbiologie parmi d’autres cours de science. J’aime comprendre l’action des bactéries avec leurs milieux et comment on peut les utiliser pour faciliter notre vie. C’est vraiment le fait de travailler avec des organismes vivants qui m’a accrochée.

Quelles sont les qualités requises pour exercer ton métier ?
Un bon microbiologiste doit avoir de la minutie et de la dextérité pour effectuer les manipulations en laboratoire. Il doit aussi être rigoureux pour se fier à ses résultats. Il est donc nécessaire d’avoir une bonne méthodologie et faire un travail sérieux. Finalement, il faut aussi avoir un bon sens de l’organisation.

Qu’aimes-tu le plus dans ton métier ?
J’apprécie beaucoup l’impact de mon métier sur la qualité de vie des gens. Je travaille actuellement pour une entreprise qui fabrique des soins personnels comme du savon antibactérien. Je dois donc m’assurer que les produits sont de bonne qualité et sans contamination pour la sécurité des consommateurs.

Dans ton travail, te sens-tu comme une détective ?
Oui, tout ça fait ! On fait différents tests pour trouver la présence de micro-organismes dans nos échantillons. Quand il y a présence de micro-organismes, ça ne finit pas là! Il faut faire plein de tests pour identifier l’espèce et la souche de l’intrus. C’est une démarche scientifique comme une enquête.

Tu as fait une technique avant ton baccalauréat, dirais-tu qu’elle t’ait avantagée ?
Oui, j’ai senti que j’étais avantagée par mon passage par un DEC-technique. Autant au niveau de la manipulation du matériel de laboratoire qu’au niveau théorique. À l’université, il y avait beaucoup de notions dont j’avais déjà entendu parler au cégep. Un autre avantage non négligeable est la possibilité d’une entente DEC-BAC. Avant même mon entrée à l’université, on m’avait déjà crédité 31 crédits, ce qui fait que je suis entrée directement en 2e année de mon programme. C’est un avantage vraiment plaisant!

Qu’est-ce qu’une maîtrise t’a apporté de plus comme professionnelle ?
Durant une maîtrise, on apprend à diriger son propre projet de recherche ; c’est toi qui organises tes journées. Tu te poses des questions et fais des tests pour y répondre. Comme ça ne fonctionne pas toujours, tu fais beaucoup de résolution de problèmes. Ça m’a permis de gagner en confiance et d’apprendre à être autonome. Mon projet de recherche portait sur le développement de nouvelles cibles thérapeutiques chez les bactéries, c’est-à-dire la mise au point d’une nouvelle classe d’antibiotiques.

Pourquoi le domaine industriel t’intéresse-t-il ?
J’ai toujours fait mes stages plutôt dans le domaine de la recherche et j’avais hâte d’essayer un poste en industries. Dans ce contexte, on est toujours poussé et il faut être rapide et efficace. La recherche, c’est moins structuré alors que dans l’industrie, tu as des tâches précises. J’aime beaucoup la structure et avoir à suivre des normes américaines, canadiennes, etc. Je trouve que ça fait beaucoup appel à mes compétences en gestion.

Est-ce qu’un microbiologiste voit les micro-organismes partout? Comment ça affecte ton quotidien ?
On a tout le temps une petite pensée envers les micro-organismes, mais il ne faut pas être excessif avec ça. Quand je prépare du poulet, c’est sûr que je fais attention à ne pas utiliser le même couteau pour mes légumes et éviter la contamination croisée. Il ne faut pas oublier qu’on ne vit pas dans un environnement stérile. C’est bon pour notre système immunitaire.
Une journée dans la vie de Véronique

Véronique travaille en soirée du lundi au vendredi . Elle doit bien organiser son horaire avec les différents tests à son agenda, et orchestrer le départ des tests en considérant son absence durant les fins de semaine.

À son lieu de travail, ils développent de nouveaux produits pour diverses compagnies comme des shampoings, des conditionneurs, des déodorants, des crèmes, etc. Pour aller de l’avant avec ces nouveaux produits, le département de microbiologie doit donner de bons résultats tout comme les autres tests en laboratoire.

À son arrivée, elle prépare son matériel et note les échantillons dans les carnets de laboratoire. Un suivi serré et efficace est primordial pour ne rien oublier. Chaque jour, elle débute de nouveaux tests de teneur microbienne ou des tests de conformité sur les produits. Dans certains cas, ces tests doivent être répétés après 2, 7, 14 et 28 jours. Si elle oublie de faire un test, elle doit recommencer du début et elle retarde tout le processus de production. Une fois les échantillons incubés suffisamment longtemps, elle fait le comptage des micro-organismes. S’il y a une contamination, il faut enquêter avec des tests supplémentaires et identifier la souche et la provenance des intrus.

En fin de journée, elle compile ses résultats sous forme de rapports. C’est aussi le moment de communiquer avec son superviseur pour le mettre au courant de ses résultats. Finalement, avant de partir, il faut aussi ranger !
 
Le parcours traditionnel consiste habituellement à obtenir un DEC général puis à poursuivre à l’université. Véronique, elle, a plutôt réalisé un DEC-technique en techniques de laboratoire, voies biotechnologies, au Cégep de Lévis-Lauzon avant de passer au baccalauréat en microbiologie à l’Université de Sherbrooke. Elle a ensuite poursuivi des études de deuxième cycle et obtenu une maîtrise en microbiologie à la même université.

Au cégep :
  • DEC en sciences, lettres et arts
  • DEC en sciences de la nature et avoir atteint les objectifs 00XU (biologie) et 00XV (chimie)
  • tout autre DEC décerné par le ministre de l’Éducation du Québec ou faire preuve d’une formation équivalente au DEC et avoir réussi les cours en biologie, chimie, mathématiques et physique.
À l’université :
  • Baccalauréat en microbiologie (3 ans), offert dans plusieurs universités québécoises.
L’Université Laval offre la possibilité de faire une concentration alimentaire, en environnement ou médical et pharmaceutique.

L’Université de Montréal et l’Université de McGill offrent un programme de baccalauréat en microbiologie et immunologie. Pour la première, il est possible de choisir entre les orientations en microbiologie et immunologie moléculaire et en microbiologie environnementale.

L’Université de Sherbrooke offre la possibilité de suivre le programme de microbiologie en régime coopératif, c’est-à-dire qu’il y a alternance de sessions d’étude et de stages en milieu de travail. Ce programme s’étale cependant sur 4 ans plutôt que 3 ans.

Et après ?  

Les microbiologistes, comme les micro-organismes qu’ils observent, sont partout. Ils peuvent être employés par différentes compagnies en industries alimentaires, pharmaceutiques, cosmétiques et biens de consommation. Certains travaillent dans les usines d’épuration des eaux ou en contrôle de la qualité de l’air. Il y a aussi des postes gouvernementaux pour des statistiques environnementales. Intéressé par l’espace ? La NASA et d’autres organismes de recherche ont besoin de microbiologistes pour surveiller l’environnement des astronautes et la possibilité de trouver de la vie extraterrestre. Finalement, il est possible de continuer ou non avec des études de deuxième cycle (maîtrise) et travailler en recherches biomédicales et pharmaceutiques.
 
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