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Professions

Psychiatre

25/05/2018
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Crédit photo : IgorVetushko@depositphotos.com

Tu as mal quelque part ? Les médecins spécialistes sont là pour toi ! Le dermatologue prend soin de ta peau, le cardiologue de ton cœur, et ainsi de suite. Mais si c’est dans ta tête que ça ne tourne pas rond, à qui fais-tu appel ?

Quand on pense à la médecine, on imagine souvent un chirurgien, scalpel en main. Pourtant, les médecins savent guérir l’esprit tout autant que le corps ! Si tes phobies, tes délires, tes angoisses ou tes humeurs t’empêchent de fonctionner normalement, tu peux compter sur la psychiatre pour te remettre sur pied. Cette médecin se spécialise dans le diagnostic et le traitement des maladies mentales, des désordres émotionnels et des troubles psychiques.

Avec elle, tu peux avoir l’esprit tranquille !
 

Marie-Frédérique Leclerc, résidente en psychiatrie

Marie-Frédérique est résidente en psychiatrie. Depuis 3 ans, elle enchaîne les stages d’un hôpital à l’autre dans la région de Québec, où elle pratique le métier tout en complétant son cursus scolaire. La résidence en psychiatrie dure 5 ans, après quoi Marie-Frédérique sera officiellement reconnue comme psychiatre par le Collège des médecins du Québec.

En quoi consiste ton travail?
En psychiatrie, on traite les gens dont les troubles de santé mentale sont si envahissants qu’ils ne sont plus en mesure de travailler, de prendre soin d’eux-mêmes ou d’entretenir des relations avec leurs proches. On les aide à surmonter leur souffrance et à redevenir fonctionnels.

Quelle est la différence entre un psychologue et un psychiatre?
Le psychiatre possède une formation médicale. Contrairement au psychologue, il peut prescrire des médicaments. La frontière entre ces professions reste quand même floue par moments puisqu’elles utilisent toutes deux la psychothérapie pour aider le patient à mieux se comprendre, diminuer ses symptômes et éviter les rechutes.  
 
Comment s’y prend-on pour traiter les maladies mentales?
Il faut d’abord évaluer le patient. Il existe des lignes directrices globales pour guider le choix de médicaments en fonction du profil de symptômes. Il faut être prudent quand on pose un diagnostic : ce dernier n’est pas sans conséquence ! Une fois le verdict tombé, ça reste dans le dossier de la personne.

Une fois qu’on a cerné la problématique, on présente à la personne les options pour qu’elle prenne une décision éclairée. Elle a tout-à-fait le droit de refuser un traitement, à quelques exceptions près. Quand on introduit un nouveau médicament, on commence doucement et on vérifie si la réponse est bonne. On veut éviter que des effets indésirables découragent le patient.

Qui peut avoir recours à ton expertise?
Les problèmes de santé mentale peuvent atteindre n’importe qui à n’importe quel âge ! On vient en aide aux très jeunes enfants comme aux aînés. J’ai récemment eu une patiente de 95 ans !

Quelles sont les qualités qui te servent le plus dans ton travail?
Il faut être empathique, ouvert et savoir s’adapter à l’autre. Il faut aussi être persévérant, c’est beaucoup d’heures de travail !

Y a-t-il des défis associés à ton travail?
Le plus difficile, ce sont les préjugés par rapport à la clientèle. Il faut parfois se battre pour faire valoir le bien-être des patients.

Asile, électrochocs et lobotomie, est-ce encore d’actualité?
C’est très différent aujourd’hui ! Dans le passé, les malades restaient parfois toute leur vie à l’hôpital, mais ce n’est plus le cas. Maintenant, les gens réintègrent la société une fois la phase aiguë de la maladie passée. Il arrive toutefois que des patients plus âgés aient peur de venir nous consulter parce qu’ils se rappellent comment c’était dans les années 30.

Dois-tu parfois prendre des précautions particulières?
Oui, ça arrive, même si la plupart du temps les patients très désorganisés sont surtout dangereux pour eux-mêmes. Il faut rester vigilant et faire confiance à son ressenti. Si nécessaire, je peux être accompagnée ou porter un «bouton panique». Je n’ai qu’à appuyer et une alarme se déclenche.

Il doit être difficile de garder le moral quand on côtoie autant de souffrance. As-tu des trucs pour ne pas te laisser atteindre?
Quand on a une passion pour son travail, c’est utopique de penser que les traumatismes des autres ne nous affectent pas. Entendre la détresse jour après jour amène une certaine lourdeur, mais quand on voit à quel point on aide les gens, ça réduit ce poids. Parler avec ses collègues aide à faire la part des choses, et passer du temps avec sa famille et ses amis est essentiel!
 
Une journée dans la vie de Marie-Frédérique

Les journées de Marie-Frédérique sont variables, mais toujours bien remplies !

Le matin commence par de la paperasse. Elle vérifie les messages envoyés par ses patients à l’externe, puis corrige des rapports. Elle s’informe ensuite auprès du personnel à propos des changements survenus chez ses patients hospitalisés. Après une relecture des dossiers, Marie-Frédérique entame une tournée où elle discute avec ses patients des développements, symptômes et effets secondaires vécus, ainsi que de la direction à prendre pour la suite des choses. Elle rapporte le tout à son patron, retourne voir les patients avec celui-ci et note les changements aux dossiers. Une fois par semaine, elle participe à des rencontres d’équipe avec les autres professionnels de la santé impliqués dans le processus de rétablissement des malades.

En plus des activités d’enseignement du midi, elle se joint à des clubs de lecture et effectue parfois des présentations devant ses collègues et supérieurs. En fin d’après-midi, elle voit d’autres patients en consultation externe et accomplit certaines activités exigées par le programme de médecine.

Quand arrivent les soirs et les fins de semaine, Marie-Frédérique peut être de garde à l’urgence : même si elle rentre chez elle, elle doit être disponible en tout temps par téléphone, et être prête à retourner à l’hôpital… même en pleine nuit!
 
Sur les bancs d’école…
Le parcours qui a mené Marie-Frédérique à la psychiatrie est loin d’être linéaire! D’abord en sciences de la nature au cégep, elle s’est réorientée en arts et lettres. Peu de temps après avoir commencé un baccalauréat en études théâtrales à l’Université Laval, elle a plutôt décidé d’aller en psychologie et de compléter ses cours complémentaires de sciences pour finalement s’inscrire en médecine en 2010.

À l’université :
Le programme de médecine est offert dans les quatre universités suivantes :
Université de Montréal
Université de Sherbrooke
Université Laval
Université McGill

Pour devenir psychiatre, tu devras compléter 3 ans d’études précliniques suivis de 2 ans de stages en externat, après quoi la résidence en psychiatrie dure 5 ans. 
 
Et après…
Au Québec, pour pratiquer en tant que médecin, tu dois obligatoirement devenir membre du Collège des médecins du Québec. La vaste majorité des psychiatres travaille en milieu hospitalier, mais tu pourrais être amené faire du suivi en communauté pour accompagner les patients dans leur milieu de vie. Il est également possible d’exercer dans un cabinet de médecin, ainsi qu’en tant qu’enseignant ou chercheur.
 
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