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Psychologue

09/11/2015
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Un adolescent qui refuse d’aller à l’école, un directeur d’entreprise déprimé, un pompier sous pression… face à des situations délicates, il n’est pas toujours facile de trouver des solutions. On se tourne alors vers un psychologue dont le métier est d’écouter, d'évaluer et de mettre en œuvre une aide adaptée. Mais le métier de psychologue ce n’est pas que l’image du client sur un divan. Les secteurs de pratique sont variés et les psychologues peuvent s’occuper du recrutement dans une entreprise, se prononcer en cours en cas de litige sur la garde des enfants, aider les enseignants dans leur projet pédagogique… La mission qui leur tient à cœur : aider les gens.



Cynthia Raymackers, psychologue
Cynthia a obtenu son diplôme de doctorat en psychologie en 2012 et travaille conjointement depuis 2005 au Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux de l’Estrie - Centre hospitalier universitaire de Sherbrooke. En tant que « conseillère expérience usager », sa mission est d’améliorer les relations entre les usagers - ceux qui utilisent les services - et le personnel de santé.

Qu'est-ce qui t'a donné envie de devenir psychologue ?
Je suis une curieuse incorrigible ! Quand j’étais adolescente, j’étais intéressée par les relations internationales, le droit, la psychologie, les communications. Des domaines où la curiosité est de mise. Mon choix a penché vers la psychologie pour l'équilibre entre le scientifique et le pratique. Pendant mon baccalauréat, j’ai découvert l’angle organisationnel qui m’a tout de suite séduite.

En quoi le secteur de la psychologie du travail et des organisations te plait-il ?
Tout d’abord par la grande diversité des rôles qu'on peut y exercer : je suis à la fois coach, formatrice, coordonnatrice, rédactrice… Puis, parce que j’agis au cœur du travail, là où l’on passe une grande partie de notre temps éveillé, c’est très important de s’y sentir bien. 

Qu’apprécies-tu le plus dans ton travail ?
Le côté très stimulant. J’aime générer des changements positifs, créer la collaboration entre les différentes équipes du réseau de santé. Lorsque je réussis à améliorer le bien-être des gestionnaires, des employés et des usagers, et que je vois l'impact dans leur quotidien, c’est une réussite très gratifiante !

Qu’est-ce que tu aimes le moins ?
Le contexte de pression actuel, où on doit faire plus avec moins. Cela peut stimuler la créativité, mais jusqu’à un certain point. Des ressources minimales sont parfois aussi nécessaires pour faire une différence réelle et durable. 

Quelles sont les qualités d’un bon psychologue ?
À mon sens, il serait surprenant qu'une personne dépourvue de curiosité s'accomplisse comme psychologue. Il faut aussi être rigoureux tout en étant capable d’innover de façon réfléchie. Faire également preuve de jugement et établir des relations de confiance avec les clients.

Quels défis rencontres-tu dans l’exercice de ton travail ?
Mon défi est d'intéresser les clients à persévérer dans les changements entrepris. Il ne faut pas que le bilan d’une démarche reste sur leur bureau à prendre la poussière. Pour cela, je les accompagne dans leur décision jusqu’au bout dans l’action !

Quels profils d'usagers rencontres-tu ?
Tous ! De 0 à 100 ans dans n’importe quel service. Il peut s’agir d’une personne suivant une chimiothérapie, une autre ayant vécu un accident vasculaire cérébral, une femme enceinte, ou une famille en situation de pauvreté.

À quels types de problématiques es-tu confronté ?
Des usagers peuvent rapporter de ne pas être assez impliqués dans leurs soins, de ne pas être assez renseignés sur les signes et les symptômes à surveiller, de ne pas être informés des effets secondaires d’un médicament ou encore de la façon de manger sainement chez eux.

Les gens sont-ils toujours collaboratifs ?
Les usagers sont heureux de partager leur vécu si cela peut aider à améliorer leur séjour et ceux des autres à l’hôpital. Je ne sollicite pas les patients en très grande souffrance ou en fin de vie. Le personnel de santé, lui aussi, est toujours volontaire pour améliorer les choses.

Une anecdote à nous raconter ?
J’ai déjà convenu avec des clients d’un « code » si jamais ils se questionnent en cours de rencontre de groupe et souhaitent que j’intervienne. Le choix du mot de code n’est pas anodin, car il n’est pas si facile d’insérer un mot hors contexte en pleine conversation ! 

Quels autres types de projets peut mener un psychologue en psychologie du travail et des organisations ?
Les domaines d’application sont extrêmement diversifiés ! J’ai aussi été consultante en pratique privée ces dernières années. J’ai notamment travaillé des organismes gouvernementaux auprès de gestionnaire afin de les aider dans l’exercice de leur rôle.  J’ai aussi dispensé des formations pour des professionnels qui partaient en voyage de coopération internationale.
Une journée dans la vie de Cynthia

La jeune psychologue arrive généralement vers 8h30 à son bureau. Après avoir fait le point sur les tâches qui l’attendent dans la journée, elle part à la rencontre d’une équipe clinique qui souhaite améliorer leur service. Au cours des discussions, Cynthia explore comment bonifier l’expérience des usagers, et envisage des mesures à mettre en place pour mieux répondre à leurs besoins. Il est alors décidé de planifier un groupe de discussion. À peine sortie de la salle de réunion, la psychologue fait un suivi téléphonique auprès de personnes qui vont contribuer à un comité qui coordonne des services. Elle les prépare, répond à leurs interrogations et discute de leurs préoccupations.

Dans l’après-midi, Cynthia donne une formation à des professionnels de santé sur l’expérience des soins des usagers. Après quoi, elle terminera sa journée à son bureau à dresser un portrait de la clientèle en pédiatrie en se basant sur l’analyse des réponses à des entrevues et à des questionnaires qu’elle a construits en collaboration avec l’équipe. Dans la semaine, la psychologue devra trouver du temps pour lire quelques articles scientifiques pour se tenir au courant des avancées dans son domaine. Trois à quatre fois par année, Cynthia participe à des colloques nationaux ou internationaux où elle présente ces travaux. 
 
Sur les bancs d’école…
Après un double DEC en sciences humaines et musique au Cégep de Sherbrooke, Cynthia a obtenu un baccalauréat en psychologie à l’Université de Sherbrooke. Par la suite, elle a continué en maitrise et en doctorat professionnel pendant lequel elle a étudié le sujet de l’engagement affectif en milieu de travail (en quelque sorte, la raison pour laquelle nous sommes heureux de nous lever le matin pour aller travailler).

Au Cégep :
- DEC ou équivalent et cours de biologie, de statistiques et méthode quantitatifs.
L’admissibilité au baccalauréat en psychologie peut varier selon les universités.

À l’Université :
- Baccalauréat en psychologie de 3 ans offert par dix universités : Université Bishop’s, Université Concordia, Université de Montréal, Université de Sherbrooke, Université du Québec à Chicoutimi (UQAC), Université du Québec à Montréal (UQAM), Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR), Université du Québec en Outaouais (UQO), Université Laval et Université McGill.
 
- Maitrise en psychologie offerte à l’Université de Montréal, à l’Université Laval.
Dans certaines universités (comme celle de Sherbrooke), les personnes détentrices d’un baccalauréat en psychologie peuvent s’inscrire au doctorat en psychologie sans avoir à faire une maitrise.

- Doctorat en psychologie
 
C’est au moment du doctorat que l’étudiant choisit le secteur de pratique dans lequel il veut travailler : psychologie clinique, psychologie légale, psychologie de la santé, psychologie scolaire, neuropsychologie, psychologie du travail et des organisations, psychologie sociale et communautaire, enseignement et recherche ou médiation familiale.

Pour exercer la profession et détenir le titre de psychologue, il faut être membre de l’Ordre des psychologues du Québec.

Et après ?
Le psychologue peut ouvrir son propre cabinet, travailler dans des centres de réadaptation, des centres de rééducation, des centres hospitaliers, des entreprises privées, des organismes communautaires…
 
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