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Technicien en design industriel

09/09/2011
Téléviseurs, lecteurs MP3, chaises, sacs à dos, bouteilles de shampoing : le monde qui nous entoure est rempli d’objets qui portent l’empreinte des travailleurs en design industriel. Leur rôle consiste à concevoir des produits qui sont ensuite fabriqués en série.

Le designer imagine la forme de l’objet et pense à ses caractéristiques techniques. C’est ensuite le technicien en design industriel qui a pour mission de le faire passer du schéma à la réalité.

Le technicien dessine en détail chaque pièce de l’objet, choisit les matériaux les plus adaptés et réalise le prototype, c’est-à-dire le premier exemplaire de l’objet. Il peut alors modifier la forme et les matériaux jusqu’à ce qu’il arrive au résultat souhaité.

L’objet est ensuite prêt pour la fabrication en série : la bouteille de shampoing que le technicien a conçue sera produite en usine à des millions d’exemplaires !


Louis Sarrazin, technicien en design industriel

Depuis la fin de ses études, Louis Sarrazin est à l’embauche d’une firme montréalaise de consultation en design qui s’appelle LB2. Cette petite entreprise compte 11 designers et techniciens industriels qui créent une gamme de produits des plus variés.

Qu’est-ce qui vous a donné envie de devenir technicien en design industriel ?
La possibilité d’explorer ma créativité tout en demeurant dans le concret.

Quelles sont les qualités requises pour exercer votre métier ?
D’abord, avoir de très bonnes habiletés en dessin, et maîtriser le graphisme pour pouvoir communiquer clairement ses idées. Il faut aussi avoir d’excellentes aptitudes à visualiser les objets dans l’espace, en trois dimensions.

Il faut posséder un esprit investigateur, car nous devons résoudre de nombreux problèmes et il faut aimer découvrir comment les choses fonctionnent entre elles. Le sens de l’esthétisme est primordial. Et il faut pouvoir travailler en équipe, puisque nous sommes appelés à interagir avec différents intervenants, que ce soient les clients, les mouleurs, les chargés de projets, l’équipe marketing ou les collègues !

Qu’est-ce qui rend votre métier intéressant ?
La diversité des projets ! De plus, il est possible d’orienter sa carrière dans une infinité de directions, en se spécialisant dans les produits d’emballage, le mobilier ou le plastique, par exemple. Nous pouvons même créer des sites Internet !

Avez-vous l’impression d’être utile à la société ?
En rendant les objets qui nous entourent plus simples à utiliser, par leur mécanique, leur esthétisme, leur format, etc., j’ai le sentiment que j’améliore un peu à chaque fois la qualité de vie des utilisateurs des produits qui me sont passés entre les mains.

Quels types d’objets avez-vous créés jusqu’à présent ?
J’ai développé des sièges pour canots et une petite bandoulière qui s’accroche autour du cou, pour porter un téléphone cellulaire, par exemple. En ce moment, je développe un haut-parleur qui s’installe dans un lecteur multimédia pour que les non-voyants puissent « écouter » des livres préenregistrés.

Combien de temps s’écoule entre la conception et la mise en marché d’un produit ?
Ça dépend du client… Des semaines, des mois, des années ! Plusieurs étapes peuvent ralentir le processus. Il faut compter le temps de fabrication des moules, donc plus il y aura de petites pièces, plus ça sera long.

Habituellement, lorsque le prototype d’un produit est terminé, le client le teste auprès d’un groupe d’utilisateurs.

Il y a aussi le mouleur qui nous donne souvent ses suggestions pour faciliter la fabrication, ce qui peut entraîner des modifications au prototype et retarder le projet.

Est-ce que l’objet parfait existe ?
C’est très relatif ! Une personne trouvera une lampe trop haute, alors que son voisin la trouvera trop courte… Cela dépend aussi du physique de l’utilisateur ; une chaise roulante peut être très confortable pour une personne et pas du tout pour une autre dont la taille ou le poids est différent.

C’est là le grand défi de notre profession : fabriquer des objets qui satisferont le plus grand nombre de gens possible !
Une journée dans la vie de Louis Sarrazin

Chaque matin, lorsqu’il arrive au bureau, vers 8 h 30, Louis prend ses messages : aujourd’hui, un client dont le produit est déjà en production veut changer le type de plastique qu’on avait prévu d'utiliser.

Sans tarder, Louis passe quelques appels afin de voir combien il en coûterait pour changer de matériau et quel sera le délai qui en découlerait.

Il assiste ensuite à la réunion d’équipe quotidienne, où les designers et les techniciens discutent des dossiers en cours. Il consulte ses collègues pour évaluer l’impact du changement demandé par son client.

Une fois la réunion terminée, Louis téléphone à son client pour le mettre au fait de ses démarches. Après négociation, ils arrivent à la conclusion que changer le plastique n’améliora pas le produit et on laisse tomber l’idée…

En début d’après-midi, Louis rencontre un collègue afin d’obtenir son avis sur un détail technique au sujet du haut-parleur pour les non-voyants sur lequel il travaille. Il doit le déplacer afin de faciliter l’assemblage du lecteur multimédia.

Une fois qu’ils ont trouvé une solution, Louis se dirige vers l’atelier. Il va y fabriquer un prototype de bouton de téléphone cellulaire.

Il doit faire des tests sur le genre de « clic » que l’on entendra quand on appuiera dessus et sur le genre de retour tactile que le bouton produira. Il y passera la fin de son après-midi.

Sa journée se termine, en général, entre 17 h 30 et 18 h. La diversité de ses tâches ne lui aura pas laissé une minute pour s’ennuyer !
Sur les bancs d’école…
Louis Sarrazin a d’abord complété un DEC en Arts et lettres, profil BD, au Collège Marie-Victorin, puis a obtenu son DEC en design industriel au Cégep du Vieux Montréal, en juin 2006.

Au cégep :
DEC en design industriel
(3 ans)

Plusieurs cégeps offrent cette formation : le Cégep de Sainte-Foy (Québec), le Cégep du Vieux Montréal, le Cégep régional de Lanaudière (campus de Terrebonne) et le Collège Dawson (cégep anglophone, Montréal).

À l’université :
Ceux qui désirent poursuivre leur formation et obtenir le titre de designer industriel peuvent le faire à l’École de design industriel de l’Université de Montréal (baccalauréat et maîtrise), l'École de design de l'environnement à l'Université du Québec à Montréal (baccalauréat et maîtrise) et à l'Université Laval qui offre un Baccalauréat en design de produit.

Et après ?
Les techniciens en design industriel sont présents dans une diversité d’industries : celles du meuble, de la machinerie, des emballages, des appareils d’éclairage, des appareils électroniques, des produits en plastique et bien d’autres. Ils peuvent travailler dans un bureau de design industriel, d’architecture, d’ingénierie, ou dans une grande entreprise possédant son propre service de design. Plusieurs travaillent à leur compte, comme travailleur autonome.

Habituellement, le designer industriel et le technicien en design industriel font équipe : le designer est celui qui dessine la forme générale d’un produit et établit ses caractéristiques, alors que le technicien s’occupe de l’aspect technique de la fabrication de ce produit. Mais dans plusieurs entreprises, les techniciens en design et les designers se retrouvent sur un pied d’égalité.
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