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Professions

Technicien en santé animale

17/06/2014
Si les vétérinaires sont les médecins des animaux, les techniciens en santé animale sont leurs infirmières ! Leur but : garder Pitou et Minou en santé… et heureux. Un métier idéal pour les amoureux des animaux.

En clinique vétérinaire, le technicien dégriffe et tond les animaux, assiste le vétérinaire lors des chirurgies. Il est aussi responsable d’accueillir les clients, de leur expliquer les traitements que subira leur animal, de nettoyer les cages et de faire certaines analyses en laboratoire pour déceler les maladies.

Mais les techniciens en santé animale ne soignent pas que les chiens et les chats. Ils peuvent aussi se spécialiser dans les soins aux animaux exotiques, qu’ils soient petits (oiseaux, reptiles) ou… gigantesques (éléphants, tigres). Tu l’auras deviné, plusieurs travaillent dans des zoos !

Sylvain Fortin, technicien en santé animale

Si la plupart des techniciens en santé animale travaillent avec des chiens, des chats ou des rongeurs, Sylvain Fortin, lui, travaille avec des ouistitis, des Anacondas et des jaguars !

Dès la fin de ses études, ce passionné des animaux exotiques a eu la chance d’être embauché comme gardien d’animaux par le Zoo de Granby.

Sylvain Fortin au zoo de Granby

Depuis combien de temps travaillez-vous au Zoo ?
Depuis près de 30 ans… et c’est mon premier travail ! Le lundi qui a suivi la fin de mon stage, j’ai été engagé ! Aujourd’hui, je travaille depuis 6 ans au Temple, la section sur les animaux d’Amérique du Sud. Avant d’y être attitré, j’ai travaillé avec les grands animaux africains et à la Maison des reptiles, un pavillon qui n’existe plus aujourd’hui. J’ai aussi œuvré brièvement avec des animaux du Canada au début de ma carrière, dans le secteur aquatique. Je côtoyais, entre autres, des ours polaires, des orignaux, des cerfs et des oiseaux de proie. J’ai eu la chance de travailler avec beaucoup d’animaux au cours de ma carrière !

Est-ce que le métier de gardien d’animaux demande des qualités spéciales ?
Il faut être bon observateur pour arriver à déceler l’état de santé d’un animal. Les animaux ont tendance à cacher leurs symptômes ; les signes de leurs maladies sont parfois subtils.

Il faut aussi faire preuve de patience pour l’entraînement des animaux car on doit les former pour faciliter leurs soins. Par exemple, on les entraîne à s’assoir pour le dentiste ou à entrer dans une cage de leur plein gré pour recevoir une injection.

Ensuite, il faut faire preuve de curiosité et d’imagination. On doit garder les animaux actifs, un peu comme s’ils « jouaient » en nature. On dit qu’on « enrichit » le milieu de l’animal.

Finalement, il faut une bonne forme physique : on monte dans des escaliers, on grimpe dans des arbres et l’on transporte des boîtes. Et on manipule de grosses bêtes parfois lourdes. Si un gardien n’est pas en forme, c’est difficile pour lui !

Qu’est-ce qui vous plaît le plus dans votre métier ?
Évidemment, j’adore le contact avec les animaux. Saluer un toucan en arrivant au travail le matin, ce n’est pas donné à tout le monde ! C’est très agréable de savoir que les animaux nous reconnaissent et qu’ils savent qu’ils vont manger grâce à nous.
J’aime aussi répondre aux questions du public lorsque je fais des animations éducatives et former les nouveaux gardiens. D’ailleurs, j’aurais aimé être professeur.

J’apprécie les opérations délicates, comme assister à l’insémination artificielle d’animation en voie d’extinction, ou anesthésier un ours polaire. Ça brise la routine…

Mais ce n’est pas toujours rose. Des animaux se blessent. On doit les capturer et les soigner pour qu’ils recouvrent la santé. Mais on a alors la satisfaction de les avoir aidés !

Et qu’est-ce que vous n’aimez pas ?
C’est plaisant de nourrir les animaux, mais après, il faut nettoyer ! Ça peut devenir ennuyant à la longue. Un éléphant, ça produit beaucoup de fumier ! Heureusement, nous nous partageons le nettoyage entre gardiens, ce qui laisse du temps pour d’autres tâches plus plaisantes, comme entraîner les animaux.

Est-ce que votre métier est dangereux ?
Absolument. Des gardiens meurent parfois au travail. À l’automne 2013, aux États-Unis, un éléphant a écrasé un gardien. On travaille avec des tigres, des rhinocéros et toutes sortes d’animaux dangereux. Il y a des risques. Il m’est arrivé en début de carrière de me faire griffer le ventre par un ours brun quand je nettoyais les alentours de sa cage. Je n’avais pas remarqué qu’il était agressif alors je n’ai pas fait attention. Si l’on reste très concentré et appliqué, il est possible de travailler sans blessure grave. Mais on n’est à l’abri de rien !

Avez-vous une anecdote à nous raconter ?
Les animaux sont souvent très rusés. Au temple, nous avions trouvé une façon de donner des comprimés à l’ours à lunettes. Le truc était de le cacher dans une date. Or, il est arrivé que l’ours goute le comprimé et le crache ! Les animaux ont des habitudes alimentaires précises et détectent les moindres changements ! Il a alors fallu briser la capsule du comprimé pour mieux en dissimuler le contenu.
Une journée dans la vie de Sylvain

7 heures du matin. Sylvain et ses collègues gardiens arrivent au Zoo. Il commence par faire une tournée visuelle des lieux : est-ce que tous les animaux sont à leur place ? Est-ce qu’un jaguar ou un ours s’est évadé ? Est-ce que l’un d’eux est malade, blessé ?

Ensuite, pas de temps à perdre : les animaux ont faim et ont besoin de leurs médicaments ! Au menu : moulée et fruits pour les toucans et les ours, des rats pour l’Anaconda, une viande spéciale pour les félins (avec parfois un os en dessert !) et des insectes pour les lézards !

Après s’être rassasié, les animaux sont prêts pour l’entraînement du matin. Il faut qu’il soit en forme pour les visiteurs… et que leur enclos soit propre, ce dont s’assurent les gardiens, juste avant l’arrivée des premiers visiteurs à 10 heures.

Dès 11 h 30 les visiteurs peuvent assister aux présentations de Sylvain et de ses collègues. Il présente une animation éducative sur l’ours à lunettes ou le jaguar. Au micro, le gardien transmet des informations et répond à toutes les questions du public. C’est une des parties préférées de son travail !

En fin de journée, on soigne les bobos et on donne les médicaments à ceux qui en ont besoin. Les animaux les plus dangereux sont ensuite rentrés à l’intérieur pour éviter qu’ils ne s’échappent pendant la nuit.

Sylvain remplit finalement quelques dossiers et sondages envoyés par d’autres zoos. Il termine le rapport journalier du secteur et quitte le zoo à 18 heures. Comme les journées sont bien remplies, il travaille généralement quatre jours par semaine.
Sur les bancs d’école…
Sylvain Fortin est diplômé en technique de santé animale au Cégep de Sherbrooke. Par la suite, le Zoo de Granby l’a envoyé suivre des formations dans d’autres zoos en Ontario et en France, notamment pour qu’il apprenne à faire voler des oiseaux de proie.

Au cégep :
DEC en technique de santé animale (trois ans).
Il y a deux cours préalables obligatoires au secondaire :
Préalables du secondaire
• Science et technologie de l’environnement (058-404) ou Science et environnement (058-402) de la 4e secondaire
• Mathématiques, séquence Culture, société et technique de la 4e secondaire (063-414)

La technique est offerte dans sept cégeps au Québec :
• Cégep de La Pocatière
• Cégep de Sherbrooke
• Cégep de St-Félicien
• Cégep de St-Hyacinthe
• Collège Laflèche
• Collège Lionel-Groulx
• Vanier College (anglais)

Et après ?
La plupart des techniciens en santé animale sont engagés par les cliniques vétérinaires, où ils peuvent travailler avec les chiens et les chats ou encore avec les animaux exotiques (oiseaux, reptiles, etc.).

Un autre débouché important est celui des animaleries de recherche, l’endroit où l’on garde les rongeurs et les autres animaux qui servent en recherche médicale dans les milieux universitaires, gouvernementaux et privés. Les techniciens qui y travaillent sont autorisés à faire plus de manipulations, comme des chirurgies mineures ou des injections.

Enfin, une minorité travaille dans les zoos ou dans les fermes d’élevage.
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