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Technicien en sylviculture

07/10/2016
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Amoureux de plein air, tu cherches un emploi qui te permettra d’allier passion et travail? Pour le technicien en sylviculture, parcourir les bois fait partie du quotidien!

Le mot sylviculture vient du latin sylva, qui signifie « forêt ». Le travail du technicien en sylviculture est de tâter le pouls de la forêt afin de planifier la production et la récolte du bois. Il évalue les caractéristiques des peuplements d’arbres avant les interventions sylvicoles comme le débroussaillage, l’aménagement, la plantation ou la coupe. Il veille également à ce que les opérations soient effectuées dans le respect des normes.
 

David Bélanger, technicien en sylviculture

David pratique le métier de technicien en sylviculture à la Coopérative forestière des Hautes-Laurentides, dans la région de Mont-Laurier. Si l’industrie du bois, le ministère ou même un propriétaire privé désire effectuer des travaux sylvicoles dans cette région, ils font appel à l’expertise des membres de la coopérative. Ceux-ci sont en mesure d’inventorier le secteur pour dresser le portrait de la forêt et ainsi assurer une bonne gestion des opérations.

Le rôle de David dans tout ça? Il gère une équipe qui récolte les données sur le terrain.

Qu’est-ce qui t’a d’abord intéressé à ce domaine?
J’aime travailler en plein air. Je voulais un emploi physique pour rester en forme. Dans une journée, on peut facilement marcher 5 ou 6 km!
J’aime aussi la possibilité d’être en quelque sorte mon propre patron. Si je veux faire plus d’argent, je n’ai qu’à ajuster ma charge de travail en conséquence : inventorier plus de parcelles, planter plus d’arbres, etc.

Fais-tu davantage de terrain que de bureau?
Oui, surtout en début de carrière. Toutefois, avec l’expérience,  il est possible de devenir gestionnaire si on le désire. On fait alors moins de terrain, et plus de paperasse.

Travailles-tu dehors beau temps, mauvais temps?
Oui, à tous les jours, peu importe les conditions. Quand il fait beau, c’est merveilleux, mais il faut aussi être prêt à travailler sous la pluie, ou en raquette à -30°C. Le truc, c’est de bien planifier ses journées et de s’habiller en conséquence!

Y a-t-il des dangers associés à ton travail?
C’est sûr que marcher en forêt implique des contraintes, entre autres à cause des sols instables ou glissants. C’est pourquoi on s’équipe de bonnes bottes et de casques!
Travailler seul comporte également des risques. Pour éviter de se perdre, on informe toujours quelqu’un de l’endroit où l’on se rend en début de journée, et on signale notre retour à la fin. On traine en tout temps un GPS, et parfois même un dispositif de localisation personnel pour appeler à l’aide en cas de pépin.

Quelles sont les qualités essentielles d’un bon technicien en sylviculture?
Il faut aimer travailler en équipe. Même si une fois sur place, on peut travailler seul, le transport et la division des tâches se font à plusieurs.
De plus, il faut être résilient. Si les conditions sont difficiles une journée, le lendemain il faut être prêt à mettre les bouchées doubles.
La minutie est un autre atout important, puisqu’on mesure le diamètre des arbres au millimètre près!

Quel genre de défis es-tu susceptible de rencontrer?
Au début de mon parcours, je faisais principalement de l’inventaire, mais j’ai commencé à m’intéresser à la récolte du bois et à travailler avec les machines. Puis un jour, un imprévu est survenu sur le terrain : j’ai dû m’arranger pour fabriquer un pont au-dessus d’une rivière qui nous barrait le chemin… De fil en aiguille, je suis devenu responsable des projets spéciaux!

T’est-il déjà arrivé des mésaventures dans les bois?
J’ai déjà croisé des ours et des orignaux, sans jamais d’incident. Par contre, la semaine passée, à environ 100 mètres de mon camion, une meute de loups s’est mise à hurler et à se rapprocher… J’ai dû crier pour leur indiquer ma présence, jusqu’à ce qu’ils finissent par s’éloigner.
Il m’est aussi arrivé de passer à travers la glace d’un lac gelé. Disons qu’il faut un bon instinct de survie quand on exerce cette profession. 
Une journée dans la vie de David

Avant d’inventorier un milieu forestier, David doit d’abord regarder la carte du secteur afin d’élaborer son plan d’action. Une fois cette étape complétée, il peut se mettre en route. Pour se rendre à destination, il est parfois nécessaire d’utiliser un véhicule tout terrain, une motoneige ou encore une chaloupe, selon la difficulté d’accès au site.

Il est encore très tôt le matin quand David s’attèle à la tâche, parcelle par parcelle. Une fois son objectif atteint, il rentre au campement ou au bureau pour compiler les données récoltées au cours de la journée. 
 
Sur les bancs d’école…
David a suivi le programme de Technologie forestière au Cégep de l’Abitibi-Témiscamingue, sur le campus de Rouyn-Noranda. C’est dans cette même ville qu’il a commencé à exercer la profession de technicien en sylviculture suite à l’obtention de son diplôme en 1996.

Au cégep :
Les établissements suivants offrent le programme de Technologie forestière.
Cégep de Baie-Comeau
Cégep de Chicoutimi
Cégep de l'Abitibi-Témiscamingue
Cégep de la Gaspésie et des Îles, Campus de Gaspé
Cégep de Rimouski
Cégep de Sainte-Foy

Le Cégep de Saint-Félicien possède un programme appelé «Techniques du milieu naturel en aménagement de la ressource forestière», qui donne également accès à la carrière de technicien en sylviculture.

À l’université :
La formation de Technologie forestière peut être couplée à un baccalauréat en aménagement et environnement forestiers ou en opérations forestières (Génie forestier) ainsi qu’en Sciences forestières à l’Université Laval dans un programme DEC-BAC de 6 ans.

Et après…
De nombreux débouchés t’attendent si tu désires être technicien en sylviculture… À condition d’être prêt à faire des concessions! Ce métier requiert parfois de loger dans des campements loin de chez soi. Heureusement, on y fournit maintenant le réseau Wi-Fi!
Parmi tes employeurs potentiels, on retrouve des bureaux d’ingénieurs, des compagnies ou des coopératives forestières, l’industrie des pâtes et papiers, le Ministère des Ressources naturelles et de la Faune et Hydro-Québec.
 
 
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