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Technicienne en architecture navale

18/11/2016
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Concevoir une structure complexe de plusieurs tonnes, et qui flotte par-dessus le marché : c’est le défi de la technicienne en architecture navale! Bateaux de tous types, sous-marins et autres structures flottantes... Si c'est dans l’eau, elle s’y connait. La technicienne en architecture navale dessine, calcule, supervise et inspecte dans le but de créer ou de réparer des embarcations. Elle doit tenir compte des contraintes d’espace, du centre de gravité, du poids, du coût des matériaux, et plus encore. Un joli casse-tête !

Depuis maintenant huit mois, Jessika Brisson est technicienne en architecture navale chez Groupe Océan, à Québec. Bien plus qu’un simple chantier naval, cette entreprise offre divers services maritimes, incluant le remorquage portuaire, le transport maritime, la construction et la réparation navale et même le sauvetage de navires en difficulté! Le rôle de Jessika dans tout ça ? Elle construit et répare des navires.

Quelles tâches ton travail implique-t-il ?
Je produis principalement des dessins pour planifier la construction et la réparation de navires. Il y a plusieurs choses auxquelles il faut penser par rapport à la structure : l’arrangement de la tuyauterie, de la salle des machines, l’isolation, l’éclairage, la finition, etc. Un autre volet auquel je touche est celui de la stabilité. Plusieurs calculs permettent de savoir si un bateau sera apte à naviguer et conforme à la réglementation. C’est beaucoup de mathématique et de physique !

Qu’est-ce qui t’a d’abord intéressé à ce domaine ?
Déjà très jeune, je m’intéressais à l’architecture des bâtiments. C’est plus tard que j’ai découvert l’architecture navale, lors d’une visite de l’Institut maritime du Québec pour un cours de choix de carrière. Un architecte y expliquait les étapes de la construction d’un navire, et j’ai eu la piqûre !

Dois-tu avoir le pied marin pour travailler sur des bateaux ?
Ce n’est pas nécessaire, puisque quand on travaille sur un bateau, il n’est pas sur l’eau, mais plutôt en cale sèche !

Sur quel projet travailles-tu en ce moment ?
Pour en nommer un, je travaille à modifier un petit remorqueur afin qu’il puisse naviguer dans la glace. Il faut donc renforcer sa structure.

Es-tu spécialisée dans un type d’embarcation en particulier ?
Non, ma formation et assez variée pour que je puisse travailler sur n’importe quelle grosseur de bateaux, et même sur des sous-marins si l’occasion se présente !

Quel outil utilises-tu le plus ?
L’ordinateur. C’est pratique lorsqu’on veut modéliser des plans en deux ou trois dimensions.

Quel est ton plus bel accomplissement ?
C’est cliché, mais après avoir travaillé fort à la conception d’un projet, le voir se réaliser donne tout son sens à ce que je fais.

Quelles sont les qualités qui te servent le plus dans ton travail ?
Il faut aimer le travail d’équipe, parce que beaucoup d’intervenants sont impliqués dans le processus, que ce soit des ingénieurs de projets ou des architectes navals. C’est important d’être en mesure de bien communiquer.
Ça demande aussi une certaine créativité. Sur la mer, on se retrouve isolé et certains aspects qui sont anodins dans la vie de tous les jours deviennent soudainement complexes. Par exemple, il faut faire sa propre eau, puisque le bateau n’est évidemment pas connecté au système d’aqueduc.

Y a-t-il des aspects que tu aimes moins ?
Aucun détail en particulier ne me vient en tête…Ça fait 10 ans que j’exerce ce métier, et je ne lui vois toujours pas de défauts !

Aurais-tu peur d’apprendre qu’un bateau sur lequel tu as travaillé a coulé ?
Ça ne m’est jamais arrivé! Tant qu’on est minutieux, qu’on revérifie nos calculs et nos hypothèses, il n’y a pas de problème. Il faut tout prévoir, parce que rendu à la chaine de production, un petit oubli peut devenir une grosse perte de temps.
Une journée dans la vie de Jessika

Bien que la plupart du temps, Jessika travaille assise devant son ordinateur, les tâches qu’elle y effectue sont très variables. Ces dernières dépendent de la nature des réparations à effectuer ou des projets spécifiques à concevoir pour les clients. De plus, toutes les journées ne sont pas nécessairement passées au bureau. Des fois on la retrouve sur le chantier, à surveiller les travaux, ou encore à écrire un relevé sur un bateau qui a été remis à l’eau.
Sur les bancs d’école… 
En 2007, Jessika Brisson obtient son diplôme de technicienne en architecture navale à l’Institut Maritime du Québec. À ce moment, elle travaille déjà dans le domaine. Ce n’est pas surprenant, considérant que les finissants de ce programme sont rares et que les entreprises se les arrachent.

Au cégep :
Le seul endroit au Québec où tu peux suivre la formation de technicien en architecture navale est à l’Institut Maritime du Québec, situé dans la ville de Rimouski.

Et après…
Si tu fais une technique en architecture navale, pas besoin de t’inquiéter à propos de la recherche d’emploi : le taux de placement rapporté par l’Institut Maritime du Québec est de 100% ! Avec cette formation, tu peux travailler pour des chantiers navals, la Garde côtière canadienne, Transports Canada, des bureaux spécialisés, les sociétés de classification, la Défense nationale, les industries lourdes, ainsi que les armateurs et transporteurs. 
 
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