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Technicienne en diététique

14/09/2015
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Manger est avant tout un besoin biologique. Mais rien de mieux que de se faire plaisir en dégustant un bon petit plat… mais attention à notre santé ! Le rôle du technicien en diététique est justement d’assurer cet équilibre entre plaisir et santé en offrant une nourriture saine et de qualité aux consommateurs. Les techniciens en diététique sont un peu partout. Ils contrôlent les produits des industries agroalimentaires, confectionnent des menus pour les hôpitaux, appliquent les politiques alimentaires en milieu scolaire et rencontrent la population pour parler de nutrition.


Josée Dupont, technicienne en diététique
Josée a terminé sa technique en 2012. Depuis, elle travaille au Département de diététique du Cégep de Rimouski. Auparavant, la jeune diplômée a eu l’occasion de découvrir les secteurs de la nutrition clinique et agroalimentaire.



Pourquoi avoir choisi cette profession ?
Au secondaire, j’écoutais régulièrement des émissions culinaires, j’aimais beaucoup cuisiner. Je n’étais pas tant attiré par la nutrition, mais je souhaitais faire des études proches de chez moi. La technique en diététique au Cégep de Rimouski répondait parfaitement à mes attentes.

Quel est ton rôle au sein du département de diététique ?
Je prépare le laboratoire afin que tout soit opérationnel avant l’arrivée des étudiants. Je prépare aussi les aliments à déguster lors des cours théoriques.

Et en nutrition clinique ?
À l’Hôpital de Mont-Joli, où j’effectuais mon stage, je veillais à la qualité de la nourriture et à ce que les repas soient adaptés à l’état de santé du patient. Il fallait être très observateur, car la plupart des personnes n’étaient plus en mesure de s’exprimer, à cause de la maladie d’Alzheimer par exemple.

Les missions sont-elles différentes dans le secteur agroalimentaire ?
Notre mandat est toujours le même : garantir de la nourriture saine et de qualité. Dans l’usine de transformation des viandes où j’ai réalisé mon stage, les techniciens vérifiaient les températures des frigos, ils effectuaient des analyses sur la viande et contrôlaient les techniques de travail des employés.

Qu’est-ce qui te plait le plus dans ton métier ?
Acquérir de nouvelles connaissances chaque jour. J’aime aussi encadrer les jeunes et les voir évoluer, je me sens utile.

Qu’est-ce que tu aimes le moins ?
La profession de technicien en diététique est peu reconnue sur le marché du travail. Les gens nous voient souvent comme des cuisiniers alors que nous avons de solides connaissances en nutrition. Par exemple, nous ne pouvons pas prescrire de menu à des gens souffrant de problèmes de santé comme le diabète ou l’hypertension mais nous conseillons les gens sur la saine alimentation.

Quelles sont les qualités nécessaires pour exercer ton métier ?
Il faut être professionnel, respectueux, mais aussi autoritaire. J’ai le même âge que certains des étudiants, il faut que je me fasse respecter. La rigueur est aussi une qualité indispensable, nous avons la santé des gens entre nos mains.

Portes-tu une attention particulière à ce que tu manges ?
Chez moi, on mange très bien ! Je cuisine énormément tout en faisant attention aux portions, et à la provenance des produits. J’ai la dent sucrée, je cuisine beaucoup de desserts, peut-être un peu trop !

Que penses-tu de cet engouement pour les régimes sans gluten ?
En règle générale, les gens confondent allergies, intolérances et aversions. Ce n’est pas parce que tu n’aimes pas le céleri que tu es allergique ! Ils s’inventent des allergies, mais ne sont pas souvent diagnostiqués.

Trouves-tu que les adolescents d’aujourd’hui mangent mal ?
Je pense que les gens sont mal informés et que les parents manquent de ressources et ne prennent pas assez de temps pour éduquer leurs enfants. Les jeunes arrivent en appartement, livrés à eux même sans savoir cuisiner ou faire la vaisselle.

Une expérience particulière ?
Au laboratoire il faut toujours être vigilant. Par exemple, une étudiante a mis le feu à son chaudron. Heureusement, il y a plus de peur que de mal.

Une anecdote rigolote ?
J’ai parfois des étudiants du cours complémentaire qui viennent au laboratoire avec des tabliers particulièrement drôles, par exemple avec une illustration de femme en petites tenues. C’est difficile de garder son sérieux.
Une journée dans la vie de Josée Dupont

Chaque semaine réserve son lot de surprises à Josée. Ses horaires varient en fonction des besoins des professeurs et des cours programmés.

Aujourd’hui une journée bien remplie l’attend. Avant de poser un pied dans le laboratoire Josée s’équipe : souliers antidérapants, sarrau, filet à cheveux. Après s’être minutieusement lavé les mains et avoir nettoyé son comptoir, la technicienne peut commencer sa journée. Ce matin, des étudiants de complémentaire vont cuisiner des biscuits selon les normes diététiques en vigueur. Josée réunit les ingrédients nécessaires et les place sur un chariot : farine, sucre, cassonade, margarine, œufs, noix, épices. Elle disposera ensuite l’ensemble sur de grandes tables à la disposition des élèves.

Après avoir savouré le lunch qu’elle s’est préparé la veille, Josée part faire des achats de dernière minute pour la dégustation de l’après-midi. Les étudiants goûteront des jus fruités en contenants de plastiques et des jus de fruit frais. Ils apprendront ainsi à les différencier d'un point de vue diététique. Pendant le cours, la technicienne en profite pour entretenir le laboratoire, vérifier les stocks d’ingrédients, contrôler les températures des frigos, calibrer les pH-mètres.

Josée travaille à mi-temps au Cégep de Rimouski. Pendant son temps libre, elle en profite pour offrir des ateliers culinaires aux ainés, une activité offerte par la ville de Rimouski, et ne se lasse pas d’essayer de nouvelles recettes saines et équilibrées pour le plaisir de son entourage.
Sur les bancs d’école…
Josée a réalisé une technique de diététique au Cégep de Rimouski. Lors de la première année, les étudiants apprennent les bases de la cuisine et se familiarisent avec les portions. La deuxième année apporte des connaissances en politique alimentaire que le jeune peut ensuite appliquer aux recettes trouvées, par exemple, sur internet. La troisième année est plus concrète, les étudiants mettent en pratique leurs connaissances.

Les stages obligatoires inclus dans la formation ont permis à Josée de découvrir différents milieux professionnels. En première année, elle a effectué un stage d’observation dans les cuisines de l’hôpital de Rimouski et dans une usine de transformation des viandes à Saint-Gabriel-De-Rimouski. Elle a ensuite passé 5 semaines pour son stage de fin d’études à l’hôpital de Mont-Joli. Josée a également obtenu une certification en gestion d’un service alimentaire par le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec.


Au Cégep :
-DEC en techniques de diététique. Au Québec, sept établissements proposent ce programme : le Cégep de Rimouski, le Cégep de Chicoutimi, le Cégep de Limoilou à Québec, le Cégep de Trois-Rivières, le Cégep de Maisonneuve à Montréal, le collège Montmorency à Laval et le Cégep de Saint-Hyacinthe.

Et après ?
Le technicien en diététique peut travailler en gestion de services alimentaires, en industrie agroalimentaire, en service à la clientèle, en inspection ou en communication. Les milieux de travail sont variés : centres hospitaliers, centres d’hébergement et de soins de longue durée (CHSLD), centres locaux de services communautaires (CLSC), commissions scolaires, services de garde, cafétérias institutionnelles, gouvernement, bureaux de diététistes-conseils, industries agroalimentaires, laboratoires d’analyses alimentaires, entreprises de distribution alimentaire…
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