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Technologue en radiologie

09/09/2011
Jambe cassée, épaule démise, fœtus en croissance, tumeur au cerveau… tous ces cas intéressent les médecins, mais pour les examiner, il faut voir à travers la peau.

C’est là le travail du technologue en radiologie. Et pour le mener à bien, ce spécialiste des images de l’intérieur du corps dispose de plusieurs outils : les rayons X, les ultrasons, les champs magnétiques, des isotopes radioactifs

En manipulant correctement ces différentes formes d’énergie, le technologue en radiologie devient un explorateur du corps. Souriez, vous êtes radiographié !


France Carrier, technologue en radiologie

France Carrier est technologue en radiologie à l’hôpital Hôtel-Dieu du Vieux-Québec. Son métier, qu’elle pratique depuis 28 ans, la passionne toujours autant. Depuis le début de sa carrière, elle a pu observer l’intérieur de plusieurs milliers de patients.

Spécialiste en échographie (utilisation des ultrasons pour obtenir des images des tissus mous : vessie, estomac et… bébés en formation) et en mammographie (radiographies des seins principalement pour détecter les cancers), elle nous parle de sa profession.

Qu’est-ce qui vous a attirée vers ce métier ?
Au secondaire, j’avais une certaine facilité et un intérêt pour les sciences. Mais je voulais aussi un métier où le contact avec les humains occuperait une place importante. Avec une technique en radiologie, j’étais comblée. Je dois toujours être chaleureuse et rassurante envers les patients qui, avouons-le, arrivent rarement dans mon département parce qu’ils vont bien. Ils sont parfois très souffrants et mon travail consiste à les aider du mieux que je peux.

Quelle est votre importance dans un hôpital ?
De la qualité de notre travail dépend la justesse du diagnostic que posera le médecin. Nous suivons des protocoles très rigoureux pour obtenir les images les plus parlantes possible.

Quelles qualités faut-il avoir pour être un bon technologue en radiologie ?
Plusieurs ! D’abord, la curiosité. Il faut avoir envie de trouver le problème du patient et faire tout ce que la technologie nous permet de faire pour ça. Il faut aussi aimer la nouveauté et la formation continue, car les appareils évoluent au fil des découvertes scientifiques. On doit apprendre régulièrement de nouvelles techniques !

La minutie, la rigueur et le sens des responsabilités sont importants. Dans les hôpitaux d’aujourd’hui, les patients sont nombreux et il faut reconnaître les cas prioritaires. Avec les patients, on doit être habile communicateur et savoir calmer les inquiets.

Vous est-il arrivé des événements cocasses dans votre carrière ?
Oh oui ! Vous n’imaginez pas tout ce que les gens peuvent avaler... On voit tout ça, quand on leur radiographie l’estomac ! J’ai vu des pièces de monnaie, des aiguilles, des lames, des piles… Il y en a même un qui avait avalé une cuillère !
Une journée dans la vie de France

Un hôpital, ça fonctionne 24 heures sur 24. Les horaires sont donc répartis en quart de travail qui varient d’un hôpital à l’autre. On peut travailler le jour, le soir, la nuit, pendant huit heures, douze heures, parfois plus…

Dans le cas de France Carrier, son ancienneté lui permet maintenant de ne travailler que le jour. Le matin, au début de sa journée, elle consulte les dossiers des patients qui sont hospitalisés aux étages supérieurs et dont les médecins aimeraient avoir une image médicale. Elle doit aussi gérer les rendez-vous des femmes enceintes qui viennent faire examiner leur bébé par échographie.

Pour tout ce monde, elle fait un horaire, mais elle sait qu’elle devra probablement le modifier en cours de route : des cas plus urgents peuvent se présenter à tout moment.

Aujourd’hui, entre deux radiographies de l’abdomen, un homme arrive à l’urgence à cause d’une grave coupure sur un chantier de construction. Les radios révèlent qu’heureusement, l’os de son bras n’a pas été touché.

Dans la salle d’attente de l’urgence, un homme de 84 ans attend pour une radiographie de la cage thoracique. Son état n’est pas urgent, mais France décide de le passer tout de suite, étant donné son grand âge et l’inconfort de la salle.

Plus tard, c’est un adolescent qui a fait une mauvaise chute en planche à neige : on prend des radiographies de son cou pour s’assurer que sa colonne vertébrale n’a pas subi de dommage.

Puis une mammographie révèle la présence d’une petite tumeur dans le sein d’une femme. En opérant tout de suite pour la lui enlever, on pourra sûrement la tirer d’affaire.

La journée se termine après plus de vingt cas, pour lesquels France Carrier a produit les meilleures images qu’elle pouvait. Avec son expérience, les médecins lui font pleinement confiance.
Sur les bancs d’école…

Au Cégep :
DEC en technologie de médecine nucléaire, en technologie de radiodiagnostic ou en technologie de radio-oncologie (3 ans)

D’une durée de trois ans, ce programme inclut deux stages de six mois dans des hôpitaux différents. Il y a ensuite des formations en milieu de travail pour se familiariser avec les appareils spécifiques à chaque établissement.

Et après ?
Une fois sorti du cégep, l’étudiant doit passer l’examen de l’Ordre des techniciens en radiologie du Québec pour obtenir son permis et avoir le droit de travailler.

Les emplois se trouvent principalement dans les hôpitaux, mais aussi dans les cliniques privées et dans certains laboratoires de recherche.

Selon leur spécialisation, les technologues peuvent opérer des scanners assistés par ordinateur, donner des soins de radiothérapie pour détruire des tumeurs cancéreuses, assister les docteurs en médecine nucléaire…
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