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Technologue-métallurgiste

02/03/2018
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photo : zmkstudio@depositphotos


La métallurgie est un sujet chaud ! Fusion de métaux, coulées d’alliages, soudure, traitements thermiques… avec toutes ses connaissances, le technologue-métallurgiste est bien plus qu’un simple forgeron !

Cet expert en métal supervise et contrôle l’application de procédés métallurgiques dans des entreprises de transformation des métaux, de fabrication de pièces ou d’assemblage. Il y assure la qualité des produits, le déroulement sécuritaire des opérations, le bon fonctionnement de l’équipement et la supervision du personnel. Il peut aussi participer à l’élaboration de nouvelles méthodes de traitement et de production.

Le technologue-métallurgiste peut se spécialiser en contrôle des matériaux, en procédés de transformation ou en fabrication mécano-soudée. Chaud devant !

Keven Boudreault, technologue-métallurgiste

Depuis 2013, Keven est technicien de laboratoire chez Sotrem-Maltech, une entreprise de Chicoutimi qui produit, recycle et traite l’aluminium ainsi que certains résidus minéraux. Il y gère la production de petits lingots d’alliages destinés aux fonderies qui remoulent le métal. Les pièces ainsi formées entrent dans la fabrication de véhicules motorisés ou de machines.

En quoi consiste ton travail ?
Ma principale tâche est d’analyser les propriétés physiques et chimiques des métaux pour faire un suivi de la qualité des produits. Je m’assure que les procédés de fabrication ont été respectés. Puisqu’on produit de petits volumes, on est en mesure de faire des alliages moins communs. Un alliage est un mélange de différents métaux. On peut par exemple ajouter du cuivre, du zinc ou du nickel dans l’aluminium, ou encore des métaux plus «exotiques» comme du zirconium, pour lui conférer de nouvelles propriétés.

Comment confectionnes-tu un alliage ?
On fait fondre les ingrédients en suivant une recette, comme si on faisait une soupe ! Il faut bien connaître les températures de fusion des éléments et constamment surveiller la température de la soupe pour s’assurer que tout se dissout bien. Le métal doit rester plus chaud que 800°C. L’alliage est ensuite coulé et refroidi en lingots d’environ 6 kg, ce qui est très petit selon les standards de l’industrie.

Quel genre d’analyses fais-tu pour le suivi de qualité ?
Dans les alliages, je vérifie si les proportions de la recette ont été respectées. Pour ça, on prend une «cuillérée de soupe» qu’on verse dans un moule. Quand l’échantillon est assez froid, je place la pièce dans un spectromètre, un appareil qui analyse la composition de l’alliage, ce qui me donne la liste des ingrédients présents et leurs proportions.

Lorsqu’on produit du métal en fil, j’effectue des tests de traction pour vérifier sa rigidité. Je l’étire pour voir si le traitement thermique a été efficace. Il faut que le fil soit mou et flexible ! Lorsqu’on produit des granules de métal, je mène des tests de granulométrie : je tamise les granules d’aluminium pour les séparer selon leur grosseur, ce qui me permet de calculer les proportions et d’ajuster en fonction de la demande du client.

Qu’est-ce qui t’a d’abord intéressé à ce domaine ?
Avant de devenir métallurgiste, je travaillais dans le milieu forestier. J’aimais être en nature, mais à cause de la crise forestière, je trouvais l’avenir trop incertain. J’adore faire du suivi de qualité et je voulais rester dans le domaine technique. D’un autre côté, je ne voulais pas d’un emploi où on fait toujours la même chose, je voulais quelque chose de diversifié. Je suis donc retourné au cégep en transformation de l’aluminium.

Quelles sont les qualités qui te servent le plus dans ton travail ?
Comme que je suis souvent seul au laboratoire, je dois travailler de manière autonome et rigoureuse.

Je dois aussi réagir rapidement en cas de problème. Si je vois que quelque chose cloche, je dois vite réfléchir et prendre une décision pour éviter de gaspiller du métal. Dans les périodes de «rush», j’ai un plan C avant même d’avoir un plan A !

Y a-t-il des dangers associés à ton travail ?
Quand on travaille avec du métal fondu, c’est sûr qu’il y a un danger de brulures, c’est pour ça qu’on s’habille en astronaute ! L’habit de protection est aluminisé pour réfléchir la chaleur, et on porte visière et chapeau.

Par contre, le plus grand danger est l’humidité ! Une goutte d’eau qui se retrouve dans l’aluminium fondu passe presque instantanément de liquide à vapeur. Elle prend de l’expansion tellement rapidement que ça projette du métal fondu dans toutes les directions. C’est très dangereux. Pour éviter que ça arrive, on chauffe l’équipement au préalable pour le sécher.

Quel outil utilises-tu le plus ?
Tout ce qui est dans le laboratoire me sert pratiquement tous les jours, mais l’outil que j’utilise le plus est l’ordinateur ! J’y écris des rapports, gère les opérations et analyse des données.
Une journée dans la vie de Keven

Bien que chaque journée soit unique pour Keven, elles ont toutes un point en commun : elles sont bien chargées !

Dans une journée de travail typique, Keven travaille 12 heures consécutives où il effectue une variété de tâches nécessaires au bon fonctionnement de la production. Il prend des échantillons, mène des analyses physicochimiques, valide la qualité du produit fini, écrit des rapports, inventorie les matériaux, met les bases de données à jour, interprète des graphiques, prépare les instructions pour les opérateurs, répond aux questions, règle des problèmes… bref, il coordonne tout le secteur des lingots d’alliage.

Heureusement pour Keven, il ne maintient pas ce rythme effréné à longueur de semaine ! Il fait ce qu’on appelle du «3-2-2-3», c’est-à-dire 3 jours de travail, 2 jours de congé, 2 jours de travail, 3 jours de congé. Selon lui, c’est le meilleur horaire qui soit !
Sur les bancs d’école…
D’abord diplômé d’un DEC en aménagement forestier, Keven est retourné au cégep de Chicoutimi en 2011 pour obtenir une attestation d’études collégiales (AEC) en transformation de l’aluminium. Comme ses cours de base étaient déjà complétés, après seulement un an et demi de cours intensifs, il a terminé sa formation par un stage chez Sotrem-Maltech. Le lendemain de sa dernière journée de stage, il a été officiellement engagé par l’entreprise. Il y travaille depuis maintenant un peu plus de 4 ans !

Au cégep :
Le diplôme d’études collégiales (DEC) en Technologie du Génie métallurgique est offert au Cégep de Chicoutimi ainsi qu’au Cégep de Trois-Rivières.

Les attestations d’études collégiales (AEC) qui se destinent aux adultes sont offertes dans les cégeps suivants :
Inspection en métallurgie au Cégep de Trois-Rivières
Inspection en métallurgie - essais non destructifs au Cégep André-Laurendeau (destiné aux personnes référées par Emploi-Québec seulement)
Procédés de traitement du minerai au Cégep de Jonquière
Techniques des procédés sidérurgiques au Cégep de Sorel-Tracy
Technologie de transformation de l'aluminium au Cégep de Chicoutimi conjointement avec le Cégep d'Alma et Cégep de Jonquière

Et après…
Les perspectives d’emploi sont excellentes pour les diplômés en technologie du génie métallurgique. Sur le marché du travail, la demande pour cette expertise est grande et de nombreuses compagnies recrutent les étudiants lors de stages rémunérés. Parmi les employeurs potentiels, on compte les petites et grandes entreprises des industries métallurgiques et aérospatiales, les manufacturiers des produits métalliques, les compagnies minières, les ateliers de soudage, les firmes de génie-conseil ainsi que les établissements de recherche et d’enseignement.
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