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Allergologue

09/06/2015
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Tu ne peux pas t’empêcher de larmoyer en caressant ton chat, d’éternuer quand tu es allongé dans l’herbe ou tu as du mal à respirer après avoir mangé des peanuts. Il s’agit peut-être d’allergies et il serait judicieux de consulter un allergologue !

Ce spécialiste des allergies tente tout d’abord d’identifier le coupable en réalisant un interrogatoire, des tests cutanés ou des tests sanguins. Une fois le mystère de l’allergie levé, ce médecin spécialiste aide son patient à gérer ces difficultés au quotidien et s’il y a lieu prescrit des médicaments ou administre des vaccins désensibilisants. Une relation de confiance avec le malade est primordiale, car certaines allergies peuvent s’avérer très handicapantes.

Allison Kukhta, allergologue
Allison Kukhta travaille au Centre de Santé et de Services Sociaux de la Vallée de l’Or à Val d’Or depuis 15 ans. Médecin généraliste pendant un an, elle a choisi d’orienter sa carrière en pédiatrie puis en allergologie. Seule allergologue d’Abitibi-Témiscaminque, elle soigne des personnes venues des quatre coins de la région.

Pourquoi avoir choisi d’être allergologue ?
J’ai toujours voulu être médecin. Je ne sais pas quel a été l’élément déclencheur, mais j’ai toujours adoré les sciences. Lorsque j’étudiais en pédiatrie, le chef de service en allergie et immunologie pédiatrique à l’Hôpital de Montréal pour enfants, Bruce Mazer, m’a transmis sa passion pour l’allergologie.

Qu’est ce que cela change pour toi de travailler en région ?
Je suis plus autonome et plus polyvalente ! Je ne peux pas aller dans le bureau d’à côté pour discuter d’un cas avec mes collègues. Évidemment, je peux téléphoner à mes confrères de l’Université de Montréal ou de l’Hôpital Notre-Dame pour avoir un deuxième avis. Quelques fois je dois compléter l’évaluation des dépistages sanguins et des examens physiques à Montréal, car je ne peux pas le faire ici.

Les congrès comme ceux de l’Association des Allergologues du Québec ou de la Société Canadienne des Allergies permettent de se mettre à jour et de rester en contact avec des collègues, c’est très important.

Qu’est-ce qui te motive le plus dans ton travail ? 
La satisfaction des patients lorsque j’identifie leur allergie ! Dans un sens ça leur simplifie la vie, ils savent quel aliment ou quel médicament éviter. Les familles trouvent ça aussi incroyable lorsque je réussis à enlever leur allergie. Ne plus être allergique à des antibiotiques comme la pénicilline simplifie énormément la vie d’un patient.

Ce que tu aimes le moins ?
Je suis très bien entourée où je travaille et j’ai un très bon support de l’équipe. Mais j’aimerais beaucoup avoir un collègue sur place.

Quelles sont les allergies les plus courantes ?
Chez les enfants, il s’agit d’allergies alimentaires dans 50 % des cas. Les plus fréquentes sont les allergies au lait, œuf, soya, blé puis aux arachides et aux noix. Pour 85 % des patients, les allergies passent avec le temps. Les symptômes sont très différents d’un enfant à un autre. Cela peut-être des difficultés à respirer, des vomissements, la langue qui gonfle ou juste des petites plaques autour de la bouche. Les adultes sont davantage allergiques aux poissons, aux crustacés et aussi aux arachides et aux noix. Viennent ensuite les allergies aux pollens, aux chiens, aux chats, aux acariens…

T’occupes-tu des urgences ?
C’est assez rare, ce sont souvent les médecins urgentistes qui s’en chargent. Il m’est arrivé une fois d’être appelé en fin de semaine. La patiente était allergique à un antibiotique qu’il fallait absolument lui administrer, c’était la meilleure solution pour la guérir d’une infection bactérienne. Je devais lui injecter par voie intraveineuse une petite dose du médicament et surveiller son état.

As-tu des allergies ?
Oui, j’ai des allergies aux chats et aux chiens ! Je n’ai pas d’animaux chez nous.

Les allergies sont-elles de plus en plus fréquentes ?
Lorsque je compare les études des années 1970 à 1990, il y a en effet une augmentation générale des allergies. Depuis les 20 dernières années, on observe une stabilité des allergies aux pollens et une augmentation de celles aux arachides. Les gens sont aussi plus informés qu’avant et ils consultent plus.

La spécialité d’allergologue requiert-elle des compétences particulières ?
Il faut être à l’écoute des patients et être à l’affut du moindre détail dans l’historique du malade. Il faut évidemment aimer les sciences, car elles nous sont utiles pour répondre à nos questions. Il faut être ouvert aux nouvelles méthodes de travail, il y a régulièrement de nouveaux traitements...
Une journée dans la vie d’Allison

À 8 heures, Allison pousse la porte du CSSS de la Vallée de l’Or. Sa matinée est consacrée aux tests de provocation. Ils consistent à mettre en contact le patient avec l’aliment ou le médicament pour lequel il a une allergie dans le but de déterminer la dose maximale tolérée ou si l’allergie est guérie.

Ce matin, l’allergologue accueille une patiente de longue date, allergique aux arachides. La spécialiste commence par lui expliquer la procédure du test. Une fois la préparation des dilutions de l’allergène effectuée, la provocation peut commencer. Toutes les 15 minutes, Allison injecte une dose de l’allergène de plus en plus forte. À l’affut des moindres signes, elle a toujours à portée de main de l’adrénaline si une réaction allergique trop forte se manifeste. La patiente restera entre 4 et 5 heures entre les mains d’Allison ou de l’infirmière.

L’allergologue optimise son temps et accueille en même temps de nouveaux patients. Aujourd’hui, des parents sont venus là voir, car les yeux de leur enfant ont fortement rougi au contact d’un chat. Allison décide de réaliser un test cutané : avec un petit pic enduit de l’allergène, elle touche la peau de l’avant-bras de l’enfant. Peu de temps après, un œdème de plus de 1,5 cm apparait. Il y a 95 % de chance que l’enfant soit en effet allergique au chat !

Le médecin poursuit ses consultations avec l’administration d’un vaccin chez un patient allergique aux piqûres d’abeilles. Elle passera la fin de sa journée à s’occuper de ses patients de longue date qui ont des problèmes immunitaires et suivent un traitement spécifique.
Sur les bancs d’école…
Avant d’être allergologue, Allison a travaillé comme médecin généraliste en 1992 en Ontario. Elle est ensuite retournée aux études et a suivi une spécialisation en pédiatrie à l’Université McGill. Elle s’est finalement spécialisée en allergologie à Denver.

Au Cégep :
- D.E.C en sciences, lettres et arts
- D.E.C en science de la nature et avoir réussi les cours de biologie et de chimie
- Autre D.E.C et avoir réussi les cours de mathématiques, de physique, de chimie et de biologie.

L’admissibilité au programme de médecine peut varier selon les universités.

À l’Université :
Pour devenir allergologue, tu dois d’abord faire un doctorat en médecine offert à l’Université Laval, à l’Université de Sherbrooke, à l’Université de Montréal et à l’Université McGill. Tu devras ensuite suivre deux années de surspécialisation en allergie et immunologie offertes à l’Université McGill et à l’Université de Montréal.

Pour exercer cette spécialité, il faut être membre du Collège des médecins du Québec.

Et après ?
L’allergologue peut ouvrir son propre cabinet ou exercer dans les centres hospitaliers, les Centres locaux de services communautaires, les Centres de Santé et de Services Sociaux, les cliniques médicales, ou encore les centres de recherches.
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