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Animateur 2D-3D

16/02/2015
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L’animateur 2D-3D fait appel à son sens artistique et ses connaissances scientifiques pour donner vie aux éléments d’une animation : les expressions d’un visage, les déplacements d’un personnage, les mouvements d’un objet.

Films d’animation, jeux vidéo, publicités ou applications médicales, scientifiques ou industrielles, l’animateur fait preuve d’un grand savoir graphique et d’une excellente maîtrise des logiciels d’animation.

En étroite collaboration avec le directeur artistique, il adapte son travail à la narration et aux contraintes techniques.

Mike Bisson, animateur 2D-3D

Mike travaille depuis 3 ans chez Squeeze Studio Animation, une boîte de production d’animation de personnages pour long métrage, spot TV ou jeux vidéo. Avec six années d’expérience derrière lui, l’animateur prête son talent pour des projets de grande envergure comme Assassin’ s Creed ou Fernutz et de grandes sociétés comme Marvel.

Que voulais-tu faire plus jeune ?
Je voulais juste dessiner. J’ai étudié en dessins animés et aussi un an en arts plastiques. Il n’existe pas beaucoup de métiers où je peux à la fois réaliser ma passion et gagner ma vie. Il y avait l’air d’avoir des opportunités dans l’animation.

Es-tu un adepte des jeux vidéo ou des films d’animation ?
J’aime beaucoup les jeux vidéo mais je n’ai plus vraiment le temps d’y jouer. Je regarde beaucoup de films d’animation. En ce qui concerne mes propres projets, je suis content de voir le résultat final, mais j’ai tellement travaillé dessus que je n’ai plus le goût de les voir ! Quand Assassin’s Creed est sorti, je n’y ai même pas joué.

Qu’aimes-tu le plus dans ton métier ?
La créativité. Se casser la tête pour être original.

Qu’apprécies-tu le moins ?
Les contraintes surtout techniques. Les ordinateurs ou les logiciels buggent souvent. C’est la raison pour laquelle j’ai arrêté de faire de l’animation 3D pour me consacrer au 2D.

À quel moment les sciences interviennent-elles dans ton travail ?
Lorsqu’il faut faire bouger les personnages ! Il faut s’y connaitre un minimum en anatomie, savoir comment le corps réagit, comment il fonctionne. Les expressions faciales et la psychologie du personnage sont très importantes aussi. En animation 3D, il faut savoir aussi comment fonctionne un graphique.

Cela prend-il du temps d’animer une scène d’un film ou d’un jeu vidéo ?
Je travaille environ 40 heures pour créer 10 secondes d’animation pour un jeu vidéo et 5 secondes d’un film ! On est nombreux à travailler sur un projet dépendamment de son ampleur. Parfois, des clients nous demandent de réaliser l’animation d’une vidéo de 2 minutes et ont un budget pour 10 heures de travail, ils ne se rendent pas compte du temps nécessaire.

L’animation est-elle différente que ce soit pour un jeu vidéo ou pour un film ?
Oui, il y a vraiment beaucoup plus de restrictions et de contraintes en jeux vidéo ! Les délais de livraison sont plus courts aussi. Dans les deux cas, tu ne fais pas ce que tu veux : ton superviseur te dit ce qu’il a en tête et toi tu trouves comment le réaliser.

Une anecdote à nous raconter ?
À l’époque, je travaillais dans une autre compagnie sur le jeu «The avengers, battle for earth » de Marvel. A cause d’un manque d’animateurs, c’est Squeeze Studio Animation qui a récupéré le mandat … et moi avec ! C’est avec ce contrat que le studio a vraiment démarré !

Es-tu critique par rapport aux animations que tu vois ?
Très critique. Aujourd’hui, les compagnies sont capables de faire du beau travail visuellement parlant. C’est plutôt le scénario de l’histoire qui est souvent à retravailler.

Quels conseils donnerais-tu aux jeunes qui veulent suivre cette voie ?
Il faut travailler vraiment fort, ne pas te contenter de juste suivre les cours mais aussi animer le soir et les fins de semaine chez toi. Ça fait toute la différence ! Il y a beaucoup d’animateurs sur le marché du travail et il faut savoir se démarquer des autres. Sur une classe de trente personnes, je dirais qu’un seul est choisi, c’est une dure sélection !
Une journée dans la vie de Mike

Vers 7 heures Mike est déjà assis à son bureau. Il partage une grande salle avec la trentaine d’autres employés : animateurs, artistes techniques, scénaristes, modeleurs… Son casque sur les oreilles pour se concentrer, crayon à la main, il commence à dessiner sur un ordinateur spécial.

Au programme ce matin : création d’éclairs et d’explosions en 2D, conception de décors d’arrière-plan. Les personnages et le scénario de son nouveau projet sont déjà prêts. L’animateur s’assure que l’histoire est cohérente, dessine les plans de caméras et les différentes réactions des personnages.

À 10 heures, Mike à la visite de son directeur et de sa coordonnatrice. Cette rencontre leur permet de faire un point sur le travail effectué, ce qu’il reste à faire et les problèmes rencontrés. Vers 14 heures, un deuxième bilan aura lieu. À présent, l’artiste donne vie aux personnages : fâché, heureux, impulsif dépendamment de leur personnalité. Il doit aussi s’ajuster aux sons et dialogues qui ont été réalisés en amont.

À plusieurs reprises, l’animateur a besoin de l’avis de son directeur pour être sur de faire les bons choix.
Après son diner, Mike assiste à une réunion. Pour les besoins de l’histoire, un personnage doit se faire découper en morceaux ! Cette animation nécessite l’aide de modeleurs et de compositeurs. Très souvent Mike fait tester son travail à ses collègues. La compagnie a même une sorte de Facebook en interne pour poster toutes les animations produites et donner son avis. Vers 16 heures, Mike quitte le monde virtuel et rentre chez lui.
Sur les bancs d'école...
Mike a obtenu en 2009 une attestation d’études collégiales en animation au Cégep de Rivière du Loup. Il a réalisé un stage de 3 mois à 6 degrés à Québec. Il a travaillé dans plusieurs structures dont à Sarbakan à Québec. En 2011 il a suivi un cours d’animation 3D par internet (Animation mentor). Il a travaillé en tant qu’animateur 3D à Ubisoft avant d’intégrer l’équipe de Squeeze Studio Animation.

Au cégep :
  • DEC en animation 3D et synthèse d’images (3 ans) (perfectionnement A.E.C possible) aux Cégeps de Limoilou, du Vieux-Montréal, de Matane et au Collège de Bois-de-Boulogne, Collège  Bart et O’Sullivan à Québec, Dawson College et Institu Grasset
  • DEC en techniques d’intégration multimédia aux Cégeps de Matane, de Jonquière, de Sainte-Foy, Edouard-Montpetit, de l’Outaouais, de Saint-Jérôme, et au Collège de  Maisonneuve
  • DEC en dessins animés au Cégep du Vieux-Montréal
  • DEC en graphisme aux Cégeps de Sherbrooke et de Marie-Victorin

Programme DEC/BAC
Par ce programme, il est possible de faire d’abord une technique en animation 3D ou intégration multimédia puis de faire reconnaitre une partie des acquis dans le cadre d’un programme de baccalauréat en animation 3D. Le total des études se fait alors en 5 ans au lieu de 6 ans.

À l’université :
Baccalauréat dans une des formations suivantes : Animation 3D et design numérique,  Arts et pratique de l'image, Arts visuels - Nouveaux médias, Communication graphique, Création de jeux vidéo, Création numérique, Design, Design graphique, Design and Computation Art et Print Media.

Ces formations sont proposées dans les universités suivantes : Université du Québec à Chicoutimi, Université Laval, Université du Québec à Trois-Rivière, Université Concordia, Université du Québec à Montréal, Université du Québec en Outaouais et Université du Québec en Abitibi-Témiscaminque.

Et après ?
Les domaines d’applications d’animation 2D-3D sont très vastes. Le spécialiste peut travailler dans des entreprises de conception de jeux vidéo, des compagnies de production audiovisuelle, télévisuelle,  cinématographique, des entreprises de logiciels, de multimédia ou spécialisées en effets spéciaux, des firmes de designers industriels, certaines grandes industries biomédicales, aérospatiales par exemple, des grandes firmes d’architectes, des agences de publicités …
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