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Arpenteur-géomètre

06/07/2015
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Tu les as déjà surement vus au bord de la route ou dans un champ, équipés de leur station totale, un appareil de numérisation et d’acquisition de données géographiques 3D.

Les arpenteurs-géomètres recueillent des données géographiques sur le terrain et les analyses dans leur bureau : mesurer la profondeur et le relief d’une rivière pour y construire un pont, cartographier les zones inondables pour aménager un territoire, déterminer les limites précises des terrains entre deux propriétaires… Ils ont également un rôle de conseiller et de consultant auprès des particuliers, des entreprises et des municipalités.

Kevin Migué, arpenteur-géomètre
Kevin travaille depuis l’obtention de son diplôme en 2010 chez Migué Arpenteur-Géomètre, une entreprise familiale. Sur les traces de son grand-père et de son père, le jeune arpenteur-géomètre pratique dans la région de Brome-Missisquoi et assure la relève de l’entreprise.

Devenir arpenteur-géomètre était-il une évidence pour toi ?
Non, c’est venu plus tard. J’ai d’abord travaillé 3 ans comme ingénieur chez Bombardier à Montréal. J’ai ensuite eu le goût de revenir en région. J’avais la chance de pouvoir intégrer l’entreprise de mon père, de développer plus d’expertises et de devenir entrepreneur.

En quoi ton métier est-il utile ?
Nous sommes souvent définis comme les « policiers des limites de propriétés ». Lorsqu’un nouveau propriétaire achète, nous mesurons sa propriété, dressons un état de santé des limites de son terrain. Mon travail est d’informer les propriétaires des éventuels problèmes et de proposer des solutions. Certains travaux sont plus techniques. Par exemple, je peux dresser un plan topographique des niveaux dans les terrains montagneux pour aider les propriétaires à choisir le meilleur endroit pour construire leur maison.

Qu’est-ce qui rend ton métier intéressant ?
J’aime le sentiment d’aider les gens à réaliser leurs projets. J’apprécie aussi beaucoup le travail en région, les missions à l’extérieur et pouvoir utiliser des technologies de pointes comme les stations totales ou les drones.

Ce que tu aimes le moins ?
La pression. Ce n’est pas toujours facile de livrer le travail à temps quand la liste des demandeurs en attente est longue.

Quels défis rencontres-tu dans l’exercice de ton travail ?
La végétation peut parfois être un obstacle. Elle empêche les ondes radio de passer et je ne peux pas obtenir mes données. Le relief du terrain peut transformer notre travail en véritable parcours du combattant. Au bureau, ce sont plutôt les défis au niveau de la gestion et des formalités légales, cela peut s’avérer un réel casse-tête.

Une anecdote à nous raconter ?
Il m’est arrivé tout un tas de mésaventures en prenant des relevés sur le terrain. Je suis tombé dans une piscine, j’ai marché dans un nid d’abeille ! Parfois, il arrive que les policiers viennent sur place pour tempérer le conflit entre deux voisins pour que nous puissions faire correctement notre travail.

Quelles sont les qualités nécessaires pour devenir arpenteur-géomètre ?
Il faut à la fois maitriser les mathématiques et le droit. Il faut être sociable, intègre, car nous interagissons très souvent avec les clients. Il faut être à l’aise à l’oral, car il nous arrive de comparaitre devant la cour à titre d’experts pour des affaires conflictuelles.
Une journée dans la vie de Kevin

Kévin aligne son horaire sur celui des dix employés de l’entreprise et arrive au travail vers 7 heures. Il commence par réunir les équipes de techniciens pour faire le point avant qu’ils ne partent sur le terrain.

Stations totales pour réaliser des mesures de distances, pelles, détecteurs de métaux pour retrouver les anciens repères de terrain, piquets pour identifier les limites des propriétés, et GPS : les outils sont prêts dans le camion, il ne reste plus qu’à partir. Parfois, l’arpenteur-géomètre accompagne les techniciens, mais aujourd’hui il reste au bureau pour s’emparer de nouveaux projets, rencontrer des clients et finaliser des dossiers.

Un client appelle le spécialiste, car il va devenir sous peu propriétaire. Il aimerait s’assurer des limites du terrain avant de construire sa maison et sa piscine. Après s’être assuré de bien comprendre le besoin du client, Kevin s’attaque d’abord aux recherches au niveau légal, s’assure qu’il s’agit bien de la bonne propriété et valide les informations recueillies.

Au programme de la journée, un contrat pour Hydro-Québec pour établir de nouvelles lignes électriques. Le travail de l’arpenteur-géomètre est de s’assurer que tout va être placé au bon endroit selon les normes et règlements en vigueur. Kevin est régulièrement amené à travailler avec des notaires et des avocats.

Entreprises, municipalités, particuliers et services gouvernementaux font régulièrement appel aux services du jeune entrepreneur. Il termine sa journée par un contrat de grande envergure : une rénovation cadastrale. Le cadastre non rénové comprend des titres et des subdivisions datant de 1860 et à cette époque les techniques de mesures de propriétés étaient bien différentes et moins répandues. Le travail de l’arpenteur-géomètre est de réévaluer les mesures des terrains, s’assurer qu’il ne manque pas de superficie ou au contraire qu’il n'y en a trop.

Le travail de Kevin est valable seulement pour un moment donné : les terrains changent, le territoire s’aménage. De quoi lui assurer du travail pour les années à venir !
Sur les bancs d’école…
Après avoir étudié les sciences pures au Cégep, Kevin a réalisé un baccalauréat en ingénierie à l’Université McGill. Il a ensuite choisi de suivre la voie familiale et de faire un baccalauréat en génie géomatique à l’Université Laval.

Au Cégep :
- Pour une admission à l’Université Laval : DEC en Sciences de la nature ou DEC en Sciences informatiques et mathématiques ou tout autre DEC en mathématiques et physique.
- Pour une admission à l’Université de Sherbrooke : DEC en Sciences de la nature ou DEC technique en Technologie de la géomatique, spécialisations Cartographie ou Géodésie ou tout autre DEC en Mathématiques.

À l’université :
- Baccalauréat en génie géomatique à l’Université Laval
- Baccalauréat en géomatique appliquée à l’environnement à l’Université de Sherbrooke
- Baccalauréat en sciences géomatiques à l’Université Laval
Pour exercer en tant qu’arpenteur-géomètre il faut être admis à l’Ordre des arpenteurs-géomètres du Québec.

Et après ?
L’arpenteur-géomètre a l’embarras du choix pour choisir son lieu de travail : firmes d’arpentage, bureaux d’arpenteurs-géomètres, entreprises de services publics, bureaux de consultants en géomatique, bureaux d’ingénieurs-conseils, gouvernements fédéral et provincial, municipalités, ministères à vocation territoriale (transports, environnements), établissements d’enseignement, compagnies forestières minières ou pétrolières, compagnies d’infrastructures publiques (gaz, électricité, eau).
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