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Ingénieur en aérospatiale

16/03/2015
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5, 4 , 3 , 2 , 1… décollage immédiat ! Un avion s’élance dans les airs, un astronaute décolle à bord d’un engin spatial, un satellite de communication est lancé dans l’espace... Dans les coulisses de ces prouesses technologiques se cachent des ingénieurs en aérospatiale.

L’ingénieur en aérospatiale supervise la conception de véhicules, la planification des entretiens techniques, les essais au sol et en vol. Il avertit des défaillances et met tout en œuvre pour en venir à bout et assurer la sécurité des voyageurs.
Prêt pour le décollage ?

Bernard Mathieu, ingénieur en aérospatiale
Bernard est ingénieur en aérospatiale depuis 12 ans. Après avoir travaillé dans de grandes entreprises comme Dassault Systèmes, Bombardier aéronautique et Pratt & Whitney Canada, il a rejoint l’Agence spatiale canadienne en 2011. Il y assure la sécurité et l’assurance des missions spatiales.

D’où vient cette passion pour l’ingénierie aérospatiale ?
Comme tous les petits bonshommes, je voulais devenir astronaute ou aviateur ! En grandissant, j’ai réalisé que je préférais concevoir les choses et faire de l’innovation technologique. C’est devenu ma passion.

Quelles sont tes missions principales ?
Mon premier rôle est d’assurer la sécurité des passagers d’un vol et le succès des missions spatiales. Je teste les instruments et les équipements. Ça peut aller de la révision de moteurs d’hélicoptère à la supervision de l’assemblage de deux morceaux d’aéronefs.

Qu’apprécies-tu le plus dans ton métier ?
La diversité. Tu as le choix de te spécialiser dans un domaine ou d’être plus généraliste. Les entreprises sont toutes interconnectées, on a la chance de pouvoir passer d’un endroit à l’autre sans trop de difficultés. Toutes les portes sont ouvertes, il n’y a pas de limites.

Ce que tu aimes le moins ?
Les formalités administratives. Je travaille sur de magnifiques projets, mais j’ai aussi d’énormes responsabilités. J’ai la vie de plusieurs dizaines de personnes entre mes mains. Je dois documenter tout ce que je fais. Cela peut devenir un peu répétitif.

As-tu déjà assisté à un incident lors d’un essai ?
Heureusement non ! Par contre, cela arrive que tout fonctionne bien sur l’ordinateur et une fois sur les lieux, je me rends compte que cela ne marche pas comme prévu. Il faut alors trouver des solutions assez rapidement.

Voyages-tu pour le travail ?
Je fais plusieurs voyages d’affaires par année. J’assiste à des colloques pour m’informer de ce qu’il se fait dans le monde. Je mets en œuvre mon expertise et je travaille conjointement avec d’autres spécialistes sur des projets. Cela permet d’être plus performant : on va faire en trois jours ce qu’on réalise habituellement en trois semaines.

Quel est ton moyen de transport favori ?
L’avion ! Quand je monte dedans, je suis tout excité comme un gamin. C’est toujours aussi passionnant pour moi. Je n’ai aucune crainte lorsque je m’envole. D’ailleurs, 2014 a été l’année la plus sécuritaire de tous les temps pour l’aéronautique. Les accidents sont très spectaculaires et très médiatisés, mais l’avion reste le moyen de transport le plus sûr.

As-tu une histoire surprenante à nous raconter ?
À l’époque, je travaillais pour une compagnie d’aéronautique. J’étais couché chez moi lorsque mon téléphone sonne à 1 heure du matin. Un pilote à Singapour s’apprêtait à décoller avec  280 personnes à bord de son avion, lorsqu’un voyant s’est allumé dans son cockpit. Il me demandait s’il pouvait décoller quand même. J’ai dû décider en 15 minutes s’il y avait un danger à partir ou pas ! C’est une situation inhabituelle, mais ça fait prendre conscience de nos responsabilités. Je l’ai finalement autorisé à s’envoler, ce n’était rien de grave.

Un conseil aux jeunes qui veulent suivre ta voie ?
Il ne faut jamais s’imposer de limites. Nous sommes souvent conditionnés par nos études, mais il faut oser prendre les choses en main. Les jeunes ont toutes les capacités pour y arriver. Il ne faut jamais négliger l’importance de communiquer. C’est bien d’avoir de bonnes idées, mais il faut savoir les partager pour que cela débouche sur quelque chose de constructif.
Une journée dans la vie de Bernard

Les journées dans la vie d’un ingénieur en aérospatiale ne se ressemblent pas, mais elles ont bien un point commun : elles sont bien chargées !

Les trois quarts de son temps, Bernard le passe sur son ordinateur. Il rédige des rapports techniques destinés à ses supérieurs et lit des comptes-rendus pour se tenir à jour de l’avancée des projets. Il assiste à de nombreuses téléconférences avec des partenaires commerciaux et d’autres entreprises en aérospatiale.

Ce matin, il est appelé sur la chaine d’assemblage d’un moteur pour un nouvel aéronef. Il emporte avec lui son ordinateur sur lequel il a créé une modélisation de l’engin en trois dimensions. Il peut ainsi comparer avec les machinistes le modèle informatique et le vrai moteur et constater les problèmes. Heureusement aujourd’hui tout se déroule comme prévu.

En ce moment, l’ingénieur coordonne une petite équipe pour l’assemblage d’un avion. Il s’agit de l’aspect le plus complexe de l’ingénierie moderne. Auparavant, les engins étaient fabriqués entièrement sous le même toit, maintenant les pièces sont conçues à différents endroits dans le monde entier. Bernard doit donc coordonner le travail des spécialistes des moteurs, des trains d’atterrissage ou des ailes. Il informe ses patrons des problèmes rencontrés et anticipe ceux des prochaines phases du projet.

En règle générale, le professionnel travaille quarante heures, mais il passera surement un petit peu plus de temps au travail cette semaine pour terminer un projet à temps.
Sur les bancs d’école…
Bernard a obtenu un DEC en génie aérospatial à l’École Nationale Aérotechnique de Saint-Hubert. Après avoir obtenu son baccalauréat en génie mécanique, il a poursuivi ses études avec une maitrise en génie aérospatial à l’École de technologie supérieure de Montréal.

Au Cégep :
Un DEC en génie aérospatial proposé à l’École Nationale Aérotechnique de Montréal ou dans une discipline connexe du génie, telle que le génie mécanique.

À l’Université :
Plusieurs baccalauréats offerts à l’École de technologie supérieure ainsi que dans de nombreuses autres universités au Québec peuvent mener à un emploi d’ingénieur aérospatial :
- Génie aérospatial
- Génie mécanique
- Génie électrique
- Génie logiciel
- Génie des technologies de l’information
- Génie de la production automatisée
- Génie des opérations et de la logistique

L’École de technologie supérieure offre des concentrations aérospatiales dans trois de ses programmes : Génie mécanique (concentration aérospatiale), Génie électrique (concentration systèmes embarqués pour l’aérospatiale) et Génie de la production automatisée (concentration production aéronautique).

Tu peux poursuivre avec une maitrise en génie aérospatial à l’Université Laval à Québec, l’Université de Sherbrooke, à l’École de technologie supérieure, à l’Université McGill, à l’Université Concordia et à l’école de Polytechnique de Montréal.

Pour exercer cette profession et porter le titre d’ingénieur, il faut être membre de l’Ordre des ingénieurs du Québec.

La région de Montréal est riche en entreprises qui œuvrent dans le secteur de l’aérospatiale et de l’aéronautique.

Pour en savoir plus, n'hésites pas consulter le site de l'AéroPortail.

Et après ?
La région de Montréal est riche en entreprises qui œuvrent dans le secteur de l’aérospatiale et de l’aéronautique.

En tant qu’ingénieur aérospatial, tu peux travailler comme Bernard pour le Gouvernement du Canada à l’Agence spatiale canadienne, l’Institut de recherche aérospatiale du CNRC ou encore à Transports Canada.
L’ingénieur peut aussi œuvrer dans des industries aéronautiques comme Bombardier ou Pratt & Whitney, des industries mécaniques, électriques ou électroniques, les forces armées canadiennes, des entreprises de maintenance d’aéronefs, les ministères ou l’organisation internationale de l’aviation civile (filiale de l’ONU).
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