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40 merveilles géologiques du Québec

Par Joël Leblanc - 25/05/2012
-Il se passe quelque chose à l’Islet-sur-Mer, en ce matin frisquet. Quelques badauds, le maire en personne, des journalistes et deux géologues sont réunis sur le quai de ce petit village du Bas-Saint-Laurent.
En fait, il s’est passé quelque chose, il y a 500 millions d’années… «Ce qui s’est déroulé à cet endroit n’est pas banal, explique Mme Dominique Richard en indiquant le rivage rocheux de part et d’autre du quai. Ici, c’était le fond d’un océan où plusieurs glissements de terrain sous-marins sont survenus. Cette formation géologique montre l’ancien chenal où s’accumulaient les sédiments. C’est exceptionnel.»

La géologue du ministère des Ressources naturelles et de la Faune du Québec n’est pas la seule à le penser. L’ancien chenal de l’Islet fait en effet partie d’une liste de sites québécois qui pourraient acquérir le titre de site géologique exceptionnel (SGE). L’activité minière y sera interdite. «En 2005, un amendement à la Loi sur les mines a introduit cette notion qui vise à faire connaître et à protéger notre patrimoine géologique. Ce sont des sites qui présentent des caractéristiques géologiques, géomorphologiques, paysagères ou biologiques d’intérêt pour l’enseignement, la recherche scientifique ou la conservation», précise Mme Richard.

Il y a bien sûr des joyaux touristiques, comme le rocher Percé, les falaises de Miguasha, en Gaspésie, ou le cratère des Pingualuit, dans le Nord-du-Québec. Mais il y en a d’autres bien moins connus. De gigantesques traces laissées par les glaciers, d’anciennes mines, des grottes, des sites riches en fossiles ou en minéraux, des manifestations des forces tectoniques, d’anciennes éruptions volcaniques, etc. Le Québec est riche de géodiversité! «Ces endroits sont souvent connus des géologues et même visités par les professeurs d’université qui les montrent à leurs étudiants, poursuit Dominique Richard. En recevant l’appellation SGE, ils seront non seulement protégés, mais aussi mis en valeur pour fournir aux visiteurs des informations sur les particularités géologiques.»

Cela dit, on est encore loin de ce qui se fait dans certains pays. À ce jour, dans le monde, près de 80 géoparcs ont été créés. Ils englobent plusieurs sites géologiques exceptionnels d’un même secteur. On les trouve surtout en Chine – comme le géoparc de Fangshan, à 40 km de Pékin –, et dans plusieurs pays d’Europe, par exemple la Réserve géologique de Haute-Provence. L’UNESCO, qui chapeaute l’initiative, y voit l’équivalent géologique de son réseau du Patrimoine mondial.

«L’Amérique du Nord ne compte qu’un seul géoparc, enregistré en octobre 2010. C’est celui de Stonehammer, dans la région de Saint John, au Nouveau-Brunswick. Pourtant, les sites potentiels se comptent par centaines au pays et aux États-Unis», explique Godfrey Nowlan, de Calgary, qui préside le Comité national canadien pour les géoparcs.
Gail Bremner, directrice générale à Stonehammer, se souvient des démarches qui ont abouti à la création du parc: «La région est le berceau de la géologie au Canada et les gens d’ici sont conscients du caractère unique du paysage dans lequel ils vivent. Ils ont voulu le protéger, tout en y voyant un moteur de développement pour les petites communautés.»

Avant même la première obtention du statut de SGE par un site québécois, Québec Science vous invite à découvrir sa propre sélection. Certains sites offrent un paysage époustouflant; d’autres, plus discrets, revêtent un grand intérêt scientifique. Dans tous les cas, ce sont des témoins exceptionnels du grand spectacle de la Terre.

Lire notre dossier dans le numéro de juin-juillet 2012

Photo: Mathieu Dupuis






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