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Reportages

Aime ta vache, ta vache t'aimera

Par Nicolas Mesly - 25/10/2011
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Afin de baliser ces pratiques, l’Organisation mondiale de la santé animale (OIE) a défini, en 2008, un nouveau concept, celui du bien-être animal. Selon cette définition, entérinée par 172 pays, nos amis à poils et à plumes doivent être élevés dans des conditions qui leur garantissent la santé, le confort, une nourriture de qualité en quantité suffisante, la sécurité, la possibilité d’exprimer des comportements naturels, l’absence de douleur, de peur et de détresse. Mais comment mesurer le bien-être d’un animal qui, par définition, ne parle pas? Et est-il toujours bon de laisser le comportement naturel d’une bête s’exprimer, au risque de la voir agresser ses semblables?
Ce qui est sûr, c’est que tout le monde gagne à adopter de meilleures pratiques d’élevage, car une vache heureuse produira plus de lait, et une poule «détendue» sera en meilleure santé.
Québec Science en a discuté avec Anne-Marie de Passillé, experte en bien-être animal au Centre de recherches agroalimentaires du Pacifique, à Agassiz, en Colombie-Britannique, et coauteure d’un ouvrage important sur le sujet: The Welfare of Cattle, aux éditions Springer. La robotisation des fermes va révolutionner les méthodes d’élevage, estime la chercheuse en bien-être animal Anne-Marie de Passillé. Pour le bénéfice des bêtes, mais aussi pour le nôtre.

Pourquoi s’intéresse-t-on tant au bien-être des animaux d’élevage depuis quelques années?

Cette question fait en effet couler beaucoup d’encre. Il ne faut pas se leurrer: ce sont les pressions des consommateurs qui poussent les éleveurs à appliquer de bonnes pratiques. La Californie vient de passer une loi sur le bien-être des animaux de ferme, et plusieurs autres États suivent la tendance. Les gouvernements européens ont eux aussi légiféré. Si l’industrie laitière n’a pas été trop bousculée par ces nouvelles réglementations, les éleveurs de porcs et de poulets ont dû revoir leurs façons de faire.
En Amérique du Nord, sous les pres­sions des lobbys animalistes, les grandes compagnies d’alimentation rapide ont adopté des codes de bonnes pratiques d’élevage. Certains vont même plus loin en se dotant de labels  très contraignants, comme le Certified Humane and Animal Welfare Approved, aux États-Unis, ou le BC SPCA (Société de protection des animaux de la Colombie-Britannique), au Canada.

Cela signifie-t-il que les éleveurs, auparavant, ne se préoccupaient nullement du bien-être de leurs bêtes?

Il serait injuste de prétendre cela. D’ailleurs, aucun éleveur ne survivrait si ses animaux mouraient. Mais la science du bien-être animal, comme je l’exerce, a permis d’en apprendre beaucoup. Ainsi, on a récemment compris que les vaches ont une mémoire. Une mémoire d’éléphant! Elles sont capables de faire la différence entre une personne qui les traite bien et une autre qui les malmène. On a fait toutes sortes de travaux là-dessus. Elles reconnaissent les gens selon leur taille, leur voix, leur visage, leurs vêtements, etc. La seule présence d’une personne qui les a déjà frappées ou qui a crié après elles leur fait retenir une partie de leur lait à la traite.

Vous pouvez lire la suite du reportage dans le numéro d’octobre 2011 de Québec Science.






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