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Alouette sans fausse note

Par Olivier Rey - 13/04/2012
Le 29 septembre 1962, un drôle d’engin de métal aux antennes démesurées est lancé dans l’espace. Si la fusée qui le met en orbite est conçue par les États-Unis, l’engin, lui, est canadien. C’est Alouette, le tout premier satellite portant les couleurs du Canada qui devient ainsi, après les États-Unis et l’URSS, le troisième pays à mettre en orbite un satellite.

Pour comprendre les origines du projet, il faut remonter à la fin des années 1950. Le Centre de recherche sur les télécommunications de la défense (CRTD) du Canada veut survoler l’ionosphère (voir l’encadré en page 41) afin de l’étudier. «Cette couche de l’atmosphère revêtait une importance cruciale pour les télécommunications, explique Claude Bélisle, vice-président à la recherche au Centre de recherches sur les communications Canada (le CRC qui a remplacé le CRTD, en 1969). On utilisait en effet cette partie de l’atmosphère pour réfléchir les signaux radio à ondes courtes (3 à 30 MHz) dans la bande HF (haute fréquence). Cela rendait possibles des communications sur de longues distances, essentielles pour un vaste pays comme le nôtre.»

Mais l’ionosphère n’est pas lisse comme un miroir. Son état, extrêmement influencé par les radiations du soleil, varie selon le cycle de ce dernier et selon qu’on est de jour ou de nuit. «Cela peut perturber les ondes radio au point de paralyser les communications», précise Claude Bélisle. Une situation inacceptable pour les gouvernements de l’époque.
Car nous sommes en pleine guerre froide. Les États-Unis, l’URSS et leurs alliés respectifs se toisent constamment, s’espionnent et se haranguent à coup de menaces nucléaires. Le Canada est un personnage secondaire, pris en sandwich entre les deux acteurs principaux: l’URSS, au nord, et les États-Unis, au sud. Cette situation géographique particulière le rend vulnérable. Sa frange nordique est considérée comme une porte d’entrée pour l’«ennemi». Pas question, dans ce contexte, de lésiner sur la qualité des communications.

Lire la suite dans notre numéro de Québec Science d’avril-mai 2012.

Crédit photo: CRC







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