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Chaud devant!

Nicolas Mesly - 03/04/2013
-Les huit millions de Québécois dépendent des rivières du Nord pour éclairer et chauffer leurs maisons. Le Québec produit en effet près de 100% de son électricité en faisant turbiner l’eau accumulée par ses grands barrages. Et cette hydroélectricité compte pour 40% de notre approvisionnement énergétique. Le réchauffement climatique changera-t-il la donne? «Il va falloir s’adapter!» répond René Roy, directeur général intérimaire du consortium de recherche Ouranos sur la climatologie et chargé de projets sur les changements climatiques à Hydro-Québec.

Une température plus élevée et des précipitations plus importantes vont modifier la stratégie de gestion des centrales d’Hydro-Québec, y compris celles du complexe en construction de La Romaine, sur la Côte-Nord. Le processus est déjà en cours. Il y a 20 ans, il neigeait en décembre à la centrale La Grande, à la baie James. Aujourd’hui, il pleut plus souvent et Hydro-Québec doit calibrer ses réservoirs pour accueillir cette eau. Étape cruciale, puisque l’eau emmagasinée en décembre comble le pic de demande d’électricité de millions de foyers en janvier. Auparavant, il fallait attendre la fonte des neiges au printemps pour remplir les réservoirs.

En fait, avec plus d’eau dans les rivières, le réchauffement climatique peut être aussi une bonne nouvelle pour industrialiser le Grand Nord. Une voie maritime praticable presque toute l’année dans l’océan Arctique va faciliter l’accès aux minerais, au pétrole ou au gaz. Et il y a dans les rivières du Nunavik un potentiel hydroélectrique d’environ 6750 MW soit la moitié  du complexe de la baie James (13 000 MW) pour alimenter entre autres ces industries, grandes dévoreuses d’énergie. Mais attention, prévient Caroline Larivée, responsable des projets de recherche liés aux impacts des changements climatiques sur les infrastructures et le bâti chez Ouranos : «On veut développer le Nord à un rythme accéléré, mais nous n’avons pas toutes les connaissances voulues pour le faire.»

Lire la suite dans notre numéro d'avril-mai 2013.

Crédit photo: Stéphane Lemire






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