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Comète ISON: Spectacle du siècle ou pétard mouillé?

Par Marine Corniou - 25/10/2013
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Denis Bergeron aime relever des défis. En 1985, il a été le premier astronome amateur québécois à photographier la comète de Halley. Cette fois, depuis sa résidence en Outaouais, c’est vers un nouveau bolide qu’il pointe son télescope, bien décidé à être aux premières loges en cette fin d’automne. «Elle devrait nous offrir un beau spectacle, surtout en décembre», prévoit-il. Elle, c’est ISON; la comète que Denis Bergeron surveille depuis près de un an.
«Lorsque je l’ai photographiée la première fois, en janvier 2013, elle était très loin, à peu près à la même distance du Soleil que l’est Jupiter. Pourtant, elle était déjà très lumineuse et, à ma grande surprise, dès février, on pouvait voir sa chevelure brillante», raconte ce passionné d’astrophotographie que les températures hivernales ne découragent visiblement pas.
L’éclat prometteur d’ISON à ses débuts a conduit de nombreux médias à la désigner comme la «comète du siècle». Et même à dire qu’elle pourrait briller plus que la pleine lune en cette fin d’année 2013.

«Des comètes du siècle, on en annonce un peu trop souvent! tempère Robert Lamontagne, astrophysicien à l’Université de Montréal et directeur exécutif de l’observatoire du Mont-Mégantic. C’est ce qu’on avait dit de la comète Kohoutek, en 1973. On l’a attendue avec impatience, mais on n’a pratiquement rien vu. Par contre, les comètes Hyakutake et Hale-Bopp, en 1996 et 1997 respectivement, ont été très spectaculaires, alors qu’on ne s’y attendait pas tellement.»
Alors, ISON fera-t-elle honneur aux présages, ou ne sera-t-elle qu’un décevant pétard mouillé?

Lire la suite dans le numéro de novembre 2013 ou acheter le texte en ligne.


D’où viennent les comètes?

Le caractère imprévisible et irrégulier des comètes a contribué à leur mauvaise réputation. Elles étaient accusées au Moyen Âge d’annoncer une famine, une épidémie ou la mort d’un souverain. Aujourd’hui, l’apparition de nouvelles comètes reste aléatoire, mais on sait calculer leurs trajectoires qui suivent des orbites souvent immenses, très allongées. Car ces cailloux gelés viennent de loin, d’un gigantesque «réservoir» baptisé nuage d’Oort, situé en périphérie du Système solaire, à une distance de 5 000 à 10 000 unités astronomiques du Soleil (de 5 000 à 10 000 fois la distance Terre-Soleil).

La limite externe de ce nuage sphérique, contenant des milliards de comètes, pourrait même se situer à une année-lumière de distance. N’ayant jamais été observé par les instruments astronomiques, le nuage d’Oort est hypothétique, mais des «amas de débris» similaires ont déjà été repérés en périphérie d’étoiles lointaines. Figées dans ce grand congélateur, les comètes sont de temps à autre perturbées par les mouvements d’autres étoiles proches du nuage. De quoi les déstabiliser et les faire plonger vers le Soleil, dont la force d’attraction est irrésistible. Ces comètes «dynamiquement nouvelles», comme ISON, ont des orbites très larges. On pense qu’ISON a quitté le nuage il y a 10 000 ans! Si ces orbites sont fermées, les comètes sont périodiques; mais mettent des milliers d’années à boucler leur trajectoire. L’orbite d’ISON, elle, a une forme de parabole ouverte, qui a permis aux astronomes de déduire que c’est son premier passage.

Les comètes périodiques, qui repassent tous les 200 ans et moins, et dont les orbites sont donc plus petites, viennent d’un autre réservoir, situé au-delà de Neptune, la ceinture de Kuiper.
Beaucoup plus proche que le nuage d’Oort, cette ceinture en forme de disque plat se situe entre 30 et 55 unités astronomiques du Soleil. Ce sont les perturbations gravitationnelles engendrées par les planètes géantes (dont Jupiter et Neptune) qui modifient à l’occasion l’orbite d’un de ces corps, le précipitant vers le Soleil. Ces comètes périodiques ont une durée de vie limitée (pas plus de quelques millénaires), puisqu’elles «fondent» un peu plus à chaque passage.

Photo: David Nunuk/SPL

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