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Reportages

Crise financière: opération coupe-feu

Par Robert Pouliot - 25/10/2011


Robert Pouliot enseigne à l’École des sciences de la gestion de l’Université du Québec à Montréal. Il est spécialiste du risque financier. Il a signé plusieurs ouvrages sur le sujet. Ses livres Voyage au bout de la confiance et Le chant du canari sont à paraître aux Éditions Yvon Blais (en français) et aux Éditions Carswell (en anglais).


Le 23 octobre 2024. Il est 4 h 55 du matin. Les écrans clignotent: «Probabilité de crash à plus de 25% – ConVEX sonne l’alar­me.» La manchette ne surprend personne à la nouvelle Agence prudentielle de contrôle financier (APCF), la grande police des marchés qui a des bureaux à Bruxelles, Hong-Kong et Montréal. Depuis 2 h, ConVEX a dépassé le point limite, au-delà duquel la finance mondiale risque de basculer dans le chaos. Au rythme où les investisseurs concentraient leurs capitaux dans des titres liés aux matières premières et à l’immobilier, cela devenait inévitable.
L’opération coupe-feu vient de commencer!

ConVEX est ce qu’on appelle un «indice de convergence», un indicateur qui mesure le degré de convergence des risques financiers vers un même point. Cet outil dernier cri est un des rouages du tout nouvel appareillage mis au point pour anticiper les comportements spéculatifs, comprendre l’émotion des investisseurs et prévenir les soubresauts du marché.
Pendant longtemps, la surveillance a été le lot des agences de contrôle nationales qui agissaient comme arbitres, et parfois comme gendarmes. ConVEX, lui, est un outil de surveillance qui transcende les États. Il ressemble davantage aux aiguilleurs du ciel, qui guident les avions dans l’espace aérien pour éviter les bouchons; ou encore à Interpol qui suit les mouvements transfrontaliers des suspects et des criminels.

ConVEX a été créé après la super récession de 2011-2014, tout comme la base logicielle MégaPhi, une immense pieuvre informatique de «neurofinance», qui relie les plus grandes métropoles financières du monde. C’est ainsi que l’on peut voir la nouvelle crise se profiler.
La croissance chinoise, moteur de l’économie mondiale, n’a cessé de ralentir. Les tensions politiques entre l’est et l’ouest du pays, les tiraillements au sein du parti communiste chinois et le ralentissement de la consommation intérieure tirent les taux d’intérêt vers le bas, partout sur la planète.

Vous pouvez lire la suite du reportage dans le numéro de novembre 2011 de Québec Science.





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