Travail saisonnier

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Au cœur de l’Afrique subsaharienne, les éleveurs et les agriculteurs se sont toujours appuyés sur les connaissances que leur ont transmises leurs aînés – par exemple, pour savoir quand semer ou quand vendre le bétail. Mais les changements climatiques ont modifié la donne. Le cycle des saisons est de plus en plus imprévisible.

Le projet de recherche mené par l’organisme à but non lucratif FHI 360 et l’université Makerere dans les districts de Nakasongola, Soroti et Sembabule, dans le centre du pays, vise à aider les agriculteurs et les éleveurs à planifier leur travail grâce aux prévisions météo à court terme.

À partir de données quotidiennes collectées dans les régions les plus touchées, les chercheurs préparent des bulletins météo sur 10 jours, dans lesquels ils incluent une foule d’informations pratiques. «Comment gérer leurs plantations, économiser l’eau, se débarrasser des parasites; mais aussi les prix hebdomadaires du marché pour les récoltes et pour le bétail, illustre le directeur de FHI 360, Behrane Gebru. Dans les périodes de stress, les fermiers s’empressent de vendre, continue le chercheur. Les commerçants viennent au village et annoncent: voici le prix. Mais si nous leur avons fourni les véritables prix du marché, les fermiers sont en mesure de mieux négocier ou de juger si c’est le bon moment pour vendre.»

L’équipe utilise tous les moyens technologiques à sa disposition – radios FM locales, textos, annonces au haut-parleur dans les villages – et joint ainsi quelque 100 000 producteurs. Cela dit, certains ont parfois du mal à prendre ces communications au sérieux, reconnaît Behrane Gebru: «Notre étude a démontré que 97% des répondants ne faisaient pas confiance aux textos reçus sur leur téléphone cellulaire, car ils sont habitués à recevoir des messages de fraudeurs.»

Les chercheurs ont donc sollicité la collaboration des autorités locales, chefs de village et leaders religieux. «Nous diffusons un talk-show chaque mois, où nous invitons, par exemple, un expert en agriculture ou en développement pour décrire la situation et expliquer aux fermiers ce qu’ils peuvent faire», continue Behrane Gebru. Et une tribune téléphonique invite les producteurs à poser leurs questions ou à dispenser leurs conseils.

Le projet pilote a permis, dans les régions étudiées, de réduire de 67% les pertes des producteurs et d’augmenter les revenus des ménages de 325 $, en moyenne, par année.
L’équipe de chercheurs espère maintenant étendre ce projet au reste de l’Ouganda, voire à d’autres pays. La leçon à retenir: une bonne infor­mation ne suffit pas; il faut savoir aussi com­ment la transmettre. 

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